Patrick se peint parfois le corps pour ses poses. Il a cette fois proposé à ceux qui le souhaitaient de le faire pour lui ; ils se sont bien amusés…
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jeudi 25 juin 2015
Peinturlures
samedi 20 juin 2015
Ambiguïté
De la rentrée aux portes ouvertes nous avons planché sur l'ambiguïté pouvant exister entre l'homme et l'animal, avec pour exemple des dessins de Goya ou Rembrandt et les tableaux de Jérôme Bosch en tête. Pour nous aider dans cette démarche notre professeur avait demandé à l'atelier de sculpture voisin de concevoir des masques pour les modèles. Elles ont réalisé des merveilles.
Ce masque-ci est assurément le plus sophistiqué de tous. Celui qui a demandé le plus de précautions, aussi. Les «cornes» sont je crois de feuilles de muguet séchées et maintenues serrées à l'aide de perles, le bec, également terminé par une perle, est de tissu pris dans de la pâte à bois, les ronds de couleur sont des sachets de thé ou d'infusions formant des alvéoles aux teintes un peu passées. Les mèches sont de crin blond.
Nous étions passés à des poses allant jusqu'à dix minutes, une habitude vite prise. Après quelques séances, cependant, les modèles ont alterné une dizaine de poses d'une minute avec une de dix et j'ai peiné à reprendre le rythme, quand bien même nous ne sommes pas obligés de les croquer toutes.
L'exercice est en règle générale tout sauf aisé, je n'arrive pas à me lâcher et à dépasser la représentation figurative. Malgré les éloges et encouragements de mes compagnons, du prof et parfois même du modèle, je me sens souvent bien médiocre quand je vois ce qui sort de l'imagination des autres, et certains jours rien de ce que j'ai pu faire ne trouve grâce à mes yeux.
À la fin de chaque séance nous montrons et commentons nos dessins. Cela permet non seulement de voir les œuvres les autres mais donne des idées de techniques ou de représentation. Je ne montre pas toujours tout et, plusieurs fois, j'ai tenté de botter en touche.
Les masques exposés sont ceux qui correspondent aux dessins sélectionnés pour les portes ouvertes.
Masque de papier et oiseau aux plumes de simili-cuir blanc.
Seule la coiffe a été exposée.
Colombe de papier froissé, qui n'a pas été exposée.
Non, elle n'a pas la jaunisse : je ne maîtrise pas toujours les couleurs.
Les plumes de cet oiseau sont en papier déchiré, le bec en papier mâché. Des fleurs séchées inconnues de nous, aériennes, entre la fleur de coton et celle du pissenlit, le surmontaient – elles n'ont pas résisté à l'usage. Un bouchon figure les yeux de chaque côté du bec.
Ce masque-ci est assurément le plus sophistiqué de tous. Celui qui a demandé le plus de précautions, aussi. Les «cornes» sont je crois de feuilles de muguet séchées et maintenues serrées à l'aide de perles, le bec, également terminé par une perle, est de tissu pris dans de la pâte à bois, les ronds de couleur sont des sachets de thé ou d'infusions formant des alvéoles aux teintes un peu passées. Les mèches sont de crin blond.
Avec ce masque intentionnellement décalé, Sylviane avait pris un air de cyclope. Il faut vraiment qu'à l'avenir je fasse attention à l'épaisseur que je donne aux bras.
À partir d'une étude de Rembrandt nous devions cette fois-ci représenter le mouvement…
… et ces quelques tracés à l'encre de Chine où j'ai laissé l'oiseau en blanc sont encore ce que j'aurai fait de mieux ce jour-là.
Merle ou corbeau ?
Devant derrière…
L'exercice est en règle générale tout sauf aisé, je n'arrive pas à me lâcher et à dépasser la représentation figurative. Malgré les éloges et encouragements de mes compagnons, du prof et parfois même du modèle, je me sens souvent bien médiocre quand je vois ce qui sort de l'imagination des autres, et certains jours rien de ce que j'ai pu faire ne trouve grâce à mes yeux.
Cadeau…
À la fin de chaque séance nous montrons et commentons nos dessins. Cela permet non seulement de voir les œuvres les autres mais donne des idées de techniques ou de représentation. Je ne montre pas toujours tout et, plusieurs fois, j'ai tenté de botter en touche.
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mardi 10 février 2015
Et puis après…
Après, je dois bien avouer que j'ai été un peu larguée. Je ne sais pas si un lien existe mais tout de suite après le 7 janvier une urticaire que je contenais pas trop mal depuis un moment s'est littéralement déchaînée. Les jambes, les bras, le torse, le dos. Surtout, mon visage et mes oreilles ont enflé et se sont couverts d'une espèce de carapace invisible à l'œil nu mais aussi douce au toucher que du papier de verre et sous laquelle je me sentais cuire, me donnant un peu l'impression d'être une version féminine de Grégoire Samsa. Sous les yeux, des plis ressemblant à des coups de canif me donnaient le regard halluciné d'un Giacometti. Le temps de me dire que ça finirait bien par passer puis de constater que non, qu'au contraire ça ne faisait que s'accentuer, de tourner trois fois autour de moi-même puis d'obtenir un rendez-vous chez le médecin mon visage avait désenflé et ma peau était redevenue presque normale, même si toujours excessivement sèche, et les autres démangeaisons à peu près maîtrisées (en l'occurrence le gingembre frais – une cuillerée à café de racine râpée – en infusion, les citrons chauds et le curcuma m'ont bien plus aidée que l'antihistaminique «officiel» que j'ai pu prendre). Brèfle, aurait dit Béru, j'ai manqué deux cours à cause de ça et ne me suis pas exercée à la maison tandis que les autres ont continué à progresser. J'ai d'autant plus regretté de les avoir manqués que la longue tradition des dessins satiriques y a été abordée, et j'ai d'autant plus ressenti le décalage que ces heures manquées s'ajoutaient à une séance ratée en fin d'année dernière et que certains élèves assistent aux douze heures hebdomadaires quand de mon côté je n'assiste généralement qu'à la moitié. Ce n'est pas une plainte, juste un constat, et je m'estime chanceuse de pouvoir me rendre à ces six heures – quelques-uns ne peuvent venir qu'une fois par semaine –, mais cela signifie d'autant plus qu'on ne progresse pas de la même manière, surtout en première année.
Je suis repartie de mes cours de reprise le moral en berne, désespérant d'y arriver un jour, surtout que même si chaque semaine a son thème aucune séance ne ressemble à l'autre, le prof modulant ses demandes à chaque fois, selon le déroulement de la précédente, ce qu'il a observé, le modèle, nos attentes.
Jérôme a un très beau corps, anguleux, harmonieux, que je crois même pouvoir qualifier de sculptural, mais que j'ai eu toutes les peines du monde à croquer en une minute à chaque fois. Aussi, contrairement aux dernières séances avec Annie, il n'y avait pas de continuité entre les poses. Nous avons été plusieurs gênés par cet aspect, qui a ensuite été rectifié.
Au cours de cette première série de poses où il évoluait sur un espalier installé sur la sellette Patrick a avoué être sujet au vertige mais a tenu à aller jusqu'au bout. Il s'est finalement aidé d'un gros tasseau de bois en guise de canne.
Sa chevelure faisait penser à celle des tout-petits quand ils perdent leur duvet de naissance et que poussent leurs cheveux. Le prof s'est étonné que je me souvienne de cette période mais la douce a exclusivement été portée durant ses six premiers mois et j'aimais voir l'air soulever ce duvet et les premiers rayons de soleil y jouer lorsque nous sortions.
Au XVe siècle, déjà, au moment de la Réforme : Sauritt des Papst, gravure sur bois de Lucas Cranach l'Ancien
représentant le pape chevauchant une truie avec un excrément dans sa main gauche qu'il bénit de sa main droite.
représentant le pape chevauchant une truie avec un excrément dans sa main gauche qu'il bénit de sa main droite.
Cette caricature de Louis-Philippe en Gargantua a valu six mois de prison à Daumier.
Les moins pires, je vous épargne les autres.
Au cours de cette première série de poses où il évoluait sur un espalier installé sur la sellette Patrick a avoué être sujet au vertige mais a tenu à aller jusqu'au bout. Il s'est finalement aidé d'un gros tasseau de bois en guise de canne.
Sa chevelure faisait penser à celle des tout-petits quand ils perdent leur duvet de naissance et que poussent leurs cheveux. Le prof s'est étonné que je me souvienne de cette période mais la douce a exclusivement été portée durant ses six premiers mois et j'aimais voir l'air soulever ce duvet et les premiers rayons de soleil y jouer lorsque nous sortions.
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