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samedi 20 juin 2015

Ambiguïté

De la rentrée aux portes ouvertes nous avons planché sur l'ambiguïté pouvant exister entre l'homme et l'animal, avec pour exemple des dessins de Goya ou Rembrandt et les tableaux de Jérôme Bosch en tête. Pour nous aider dans cette démarche notre professeur avait demandé à l'atelier de sculpture voisin de concevoir des masques pour les modèles. Elles ont réalisé des merveilles.


Les masques exposés sont ceux qui correspondent aux dessins sélectionnés pour les portes ouvertes.


Masque de papier et oiseau aux plumes de simili-cuir blanc.


Seule la coiffe a été exposée.


Colombe de papier froissé, qui n'a pas été exposée.


Non, elle n'a pas la jaunisse : je ne maîtrise pas toujours les couleurs. 


Les plumes de cet oiseau sont en papier déchiré, le bec en papier mâché. Des fleurs séchées inconnues de nous, aériennes, entre la fleur de coton et celle du pissenlit, le surmontaient – elles n'ont pas résisté à l'usage. Un bouchon figure les yeux de chaque côté du bec.


Ce masque-ci est assurément le plus sophistiqué de tous. Celui qui a demandé le plus de précautions, aussi. Les «cornes» sont je crois de feuilles de muguet séchées et maintenues serrées à l'aide de perles, le bec, également terminé par une perle, est de tissu pris dans de la pâte à bois, les ronds de couleur sont des sachets de thé ou d'infusions formant des alvéoles aux teintes un peu passées. Les mèches sont de crin blond.


Avec ce masque intentionnellement décalé, Sylviane avait pris un air de cyclope. Il faut vraiment qu'à l'avenir je fasse attention à l'épaisseur que je donne aux bras.


À partir d'une étude de Rembrandt nous devions cette fois-ci représenter le mouvement… 


… mais, bien loin de l'Oiseau-Pablo, je suis désespérement restée clouée au sol…


… et ces quelques tracés à l'encre de Chine où j'ai laissé l'oiseau en blanc sont encore ce que j'aurai fait de mieux ce jour-là.

Merle ou corbeau ?

Nous étions passés à des poses allant jusqu'à dix minutes, une habitude vite prise. Après quelques séances, cependant, les modèles ont alterné une dizaine de poses d'une minute avec une de dix et j'ai peiné à reprendre le rythme, quand bien même nous ne sommes pas obligés de les croquer toutes.

Devant derrière…

L'exercice est en règle générale tout sauf aisé, je n'arrive pas à me lâcher et à dépasser la représentation figurative. Malgré les éloges et encouragements de mes compagnons, du prof et parfois même du modèle, je me sens souvent bien médiocre quand je vois ce qui sort de l'imagination des autres, et certains jours rien de ce que j'ai pu faire ne trouve grâce à mes yeux. 

Cadeau…

À la fin de chaque séance nous montrons et commentons nos dessins. Cela permet non seulement de voir les œuvres les autres mais donne des idées de techniques ou de représentation. Je ne montre pas toujours tout et, plusieurs fois, j'ai tenté de botter en touche.

vendredi 15 mai 2015

Vrac

Où je n'ai pas réussi à interpréter les poses des modèles en fonction des consignes mais où je vais malgré tout jusqu'à être satisfaite, et parfois même carrément contente, de mon coup de crayon. Je peine encore avec les contrastes mais je prends grand plaisir à dessiner les chevelures, les nuques, les gorges, la courbe des seins et celle du dos.


samedi 25 avril 2015

À l'origine

À l'origine de l'alphabet il y a des dessins. Des silhouettes humaines, animales, des parties de corps, des objets… De ce que j'ai compris en cherchant à en savoir un peu plus les avis des spécialistes diffèrent pour désigner celui dont est directement issu le nôtre mais, pour résumer, ils s'accordent à dire que la lettre A vient d'une tête de taureau, le L représente au départ une crosse, le O un œil, voire une pupille, les lettres I, J et Y ont une base commune – l'avant-bras ou, selon les versions, la main –, de même que les lettres G et Z avec des lames croisées, le N était un serpent, le E un homme en prière dont la silhouette a été basculée.
«À l'origine» est cette année le thème commun à tous les ateliers Beaux-Arts et a donc rythmé ce dernier demi-trimestre. Le résultat de nos travaux sera exposé avant la fermeture estivale.
Puisque les corps ont donné les lettres, il fallait maintenant que les lettres retrouvent leurs corps. L'exercice n'a pas toujours été aisé, je n'ai pas toujours été satisfaite de mes traits ni toujours réussi à rendre le message des corps  – une histoire de décalage entre ce que mon cerveau imagine et la façon dont ma main le traduit –, mais j'ai aussi entendu des mots comme «sensible», «sensuel», et des comparaisons à des artistes que jamais je n'égalerai mais qui ne m'en ont pas moins fait rosir de plaisir.

J'ai manqué le cours traitant des premières lettres, pas les suivants.
  
  Premier profil fidèle au modèle. Je n'étais pas peu fière…




 


Différentes poses pour différentes lettres…

Le modèle prévu est arrivé en retard ce jour-là, l'une de nous a pris la relève au pied levé.

J'aime la sensation du fusain ou de la sanguine sur le papier mais une certaine lassitude, la sensation de toujours faire la même chose magré la diversité des modèles et de leurs propositions m'a envahie en cette fin de trimestre, me donnant peut-être le cran de franchir une nouvelle étape : employer l'aquarelle ou l'encre de Chine avec moins d'appréhension, étrenner plumes et calames ou même, soyons fous, aborder la gouache.

Mine de plomb, feutre, aquarelle.

Dernière séance avant les vacances de printemps, sans thème particulier. Guadalupe s'est parée d'une coiffe en tulle noir et s'est orné le torse et les bras d'une espèce de harnais avant de prendre la pose en toute majesté.



À l'exception de celles de Guadalupe pour lesquelles nous avons disposé de sept minutes, chaque pose a été saisie en cinq minutes. Visuels issus de l'ouvrage de Marc-Alain Ouaknin, Les Mystères de l'alphabet, Assouline.