samedi 18 juillet 2015

Petits formats

Après les portes ouvertes nous avons délaissé nos ambigus oiseaux et avons terminé l'année en adoptant des formats plus petits. Idéalement chaque croquis n'aurait pas dû dépasser la taille d'un timbre poste, mais il m'a fallu du temps avant d'y parvenir. Chaque pose durait une minute.

Format 12,5 x 18 cm.

Jusqu'à ce que je trouve le crayon qui me convienne j'ai eu l'impression de ne vraiment plus savoir m'y prendre.


Couronne de fleurs, serre-tête, bandeau, Claudia rehausse toujours sa chevelure. Elle a d'abord porté un bandeau en dentelle avant de l'ôter et d'adopter un turban.

Format raisin plié en huit et grossièrement découpé au cutter.

De cette séance à la dernière les modèles ont alterné dix poses de deux minutes et trois de cinq. Tout en poursuivant avec nos petits formats nous devions varier les techniques et privilégier le pointillisme, le hachurage, voire dessiner des masses.

Format A4.
Pas facile d'abandonner mes lignes de contour… 

Pour protéger la sellette les modèles utilisent des draps à usage unique en non-tissé, quand ils n'apportent pas leur propre protection en vrai tissu. Ces «draps» sont un peu transparents et il arrive qu'ils s'en servent comme d'un accessoire, en guise de voile ou de châle.

Parfois je désespère d'y arriver, d'autres fois je me dis que ça s'en vient plutôt bien !

Ce jour-là Claudia s'était coiffée telle une Romaine ou une Athénienne. À la façon dont elle s'était drapée du non-tissé nous nous sommes trouvés devant une statute antique, une incarnation vivante et merveilleuse de la Vénus de Milo.


Gilles a posé à plusieurs reprises durant l'année mais au cours de sessions du soir, et je ne l'avais pas revu depuis novembre dernier. J'étais contente de le retrouver. Il a longtemps travaillé avec un sculpteur et sait donner à son corps massif et puissant une grâce à priori inattendue. J'ai encore bien du mal à reproduire les mains mais les siennes semblent sorties d'un tableau de la Renaissance.


Je ne me compare évidemment pas à lui – d'autant que, de mémoire, il travaillait à l'encre de Chine –, mais j'ai beaucoup pensé à Honoré au fur et à mesure que je traçais ces traits au feutre.
La semaine suivante Nicolas a remplacé au pied levé le modèle initialement prévu. C'était sa première fois avec nous, j'ai beaucoup aimé ce qu'il dégageait.


Nicole a déployé pour nous son long corps de trapéziste le dernier jour. Il était étrange et émouvant de se dire qu'on ne reviendrait pas avant trois mois.


Les deux dernières nocturnes se sont tenues en bord de Seine, au pied du musée d'Orsay. Pique-niques et dessins au programme.

Photo Mme Hara Kiki.

Sur l'autre berge, le Louvre.

Le cours est tout sauf académique, on y reçoit plutôt peu de consignes du type «pour dessiner ça ou ça, procédez comme ci ou comme ça». Nous sommes poussés à sortir de nos carcans et explorons bien des pistes mais pour la grande débutante que je suis ces séances ont parfois été vertigineuses malgré la bienveillance ambiante.
Les modèles sont une aide précieuse. On entend parfois dire que leur métier est à la portée de tout un chacun mais il requiert endurance, souplesse, réactivité, sensibilité, grâce, et j'ai souvent regretté de ne pouvoir les photographier (question de droit à l'image, Patrick m'avait donné son autorisation).
Nous avons déjà une idée de ce qui nous attend l'année prochaine : drapés, perspective et poses de trente minutes. J'ai hâte !

2 commentaires:

Lysalys a dit…

Merci pour ce bilan. Actuellement j'envisage une formation pour ma grande et cela me permet d'y voir plus clair ! Contente également que tu aies apprécié ! Bon dimanche ! :)

Dorémi a dit…

Contente que ça puisse te servir !