mardi 10 février 2015

Et puis après…

Après, je dois bien avouer que j'ai été un peu larguée. Je ne sais pas si un lien existe mais tout de suite après le 7 janvier une urticaire que je contenais pas trop mal depuis un moment s'est littéralement déchaînée. Les jambes, les bras, le torse, le dos. Surtout, mon visage et mes oreilles ont enflé et se sont couverts d'une espèce de carapace invisible à l'œil nu mais aussi douce au toucher que du papier de verre et sous laquelle je me sentais cuire, me donnant un peu l'impression d'être une version féminine de Grégoire Samsa. Sous les yeux, des plis ressemblant à des coups de canif me donnaient le regard halluciné d'un Giacometti. Le temps de me dire que ça finirait bien par passer puis de constater que non, qu'au contraire ça ne faisait que s'accentuer, de tourner trois fois autour de moi-même puis d'obtenir un rendez-vous chez le médecin mon visage avait désenflé et ma peau était redevenue presque normale, même si toujours excessivement sèche, et les autres démangeaisons à peu près maîtrisées (en l'occurrence le gingembre frais – une cuillerée à café de racine râpée – en infusion, les citrons chauds et le curcuma m'ont bien plus aidée que l'antihistaminique «officiel» que j'ai pu prendre). Brèfle, aurait dit Béru, j'ai manqué deux cours à cause de ça et ne me suis pas exercée à la maison tandis que les autres ont continué à progresser. J'ai d'autant plus regretté de les avoir manqués que la longue tradition des dessins satiriques y a été abordée, et j'ai d'autant plus ressenti le décalage que ces heures manquées s'ajoutaient à une séance ratée en fin d'année dernière et que certains élèves assistent aux douze heures hebdomadaires quand de mon côté je n'assiste généralement qu'à la moitié. Ce n'est pas une plainte, juste un constat, et je m'estime chanceuse de pouvoir me rendre à ces six heures – quelques-uns ne peuvent venir qu'une fois par semaine –, mais cela signifie d'autant plus qu'on ne progresse pas de la même manière, surtout en première année.

Au XVe siècle, déjà, au moment de la Réforme : Sauritt des Papst, gravure sur bois de Lucas Cranach l'Ancien
représentant le pape chevauchant une truie avec un excrément dans sa main gauche qu'il bénit de sa main droite.

Cette caricature de Louis-Philippe en Gargantua a valu six mois de prison à Daumier.

Je suis repartie de mes cours de reprise le moral en berne, désespérant d'y arriver un jour, surtout que même si chaque semaine a son thème aucune séance ne ressemble à l'autre, le prof modulant ses demandes à chaque fois, selon le déroulement de la précédente, ce qu'il a observé, le modèle, nos attentes.

Les moins pires, je vous épargne les autres.

Jérôme a un très beau corps, anguleux, harmonieux, que je crois même pouvoir qualifier de sculptural, mais que j'ai eu toutes les peines du monde à croquer en une minute à chaque fois. Aussi, contrairement aux dernières séances avec Annie, il n'y avait pas de continuité entre les poses. Nous avons été plusieurs gênés par cet aspect, qui a ensuite été rectifié.


Au cours de cette première série de poses où il évoluait sur un espalier installé sur la sellette Patrick a avoué être sujet au vertige mais a tenu à aller jusqu'au bout. Il s'est finalement aidé d'un gros tasseau de bois en guise de canne.


Sa chevelure faisait penser à celle des tout-petits quand ils perdent leur duvet de naissance et que poussent leurs cheveux. Le prof s'est étonné que je me souvienne de cette période mais la douce a exclusivement été portée durant ses six premiers mois et j'aimais voir l'air soulever ce duvet et les premiers rayons de soleil y jouer lorsque nous sortions.

8 commentaires:

Lysalys a dit…

Intéressante chevelure, ton regard permet d'offrir une approche toute autre de ce type de croquis.
J'espère que maintenant tous tes soucis d'urticaire sont réglés.

Dorémi a dit…

Merci ! L'urticaire tire à sa fin mais mon visage recommence à me faire souffrir. RV est repris chez le médecin…

Hélène a dit…

Superdésolée pour l'urticaire. Mon amie Michelle en souffre également, et aussi de rosacée (un joli mot mais comme c'est souvent le cas dans les maladies, pas une jolie maladie).

Tu as écrit : Je suis repartie de mes cours de reprise le moral en berne, désespérant d'y arriver un jour. Mais non, mais non : demain est un autre jour, et il y a encore plein de demains. Tu connais le concept des 20 000 heures ?

Dorémi a dit…

Ah non, quel est ce concept ? Google n'a pas répondu à mon interrogation…

Hélène a dit…

De façon générale, on atteindrait à une véritable maîtrise d'une activité après y avoir consacré vingt mille heures.

Dorémi a dit…

Ah ben sûr que vu comme ça j'ai encore de la marge…

Coline a dit…

ben dis donc, j'espère que ça va mieux depuis.
Je trouve que tu devrais mettre tes dessins pour illustrer plus souvent.

Dorémi a dit…

Merci Coline ! Mon visage va mieux mais les démangeaisons ont repris de plus belle. J'ai même pensé à du diabète, un temps, mais ma glycémie est normale. À priori c'est mon foie qui fait des siennes…