jeudi 22 octobre 2015

VIXI tour XVII

Ce rendez-vous là m'aura demandé moins de patience que celui du printemps dernier, à peine plus d'un mois et demi.


Une copine-voisine un peu plus âgée m'avait fait découvrir Thiefaine avec De l'amour, de l'art ou du cochon, j'avais treize ou quatorze ans.



Je lisais beaucoup Vian à ce moment-là, surtout ses Cantilènes en gelée et Je voudrais pas crever, et il ne m'en avait pas fallu plus pour m'éprendre de ses textes fous, mystérieux, drôles, ironiques, tendres, sombres, poétiques. Quelques années plus tard je l'avais vu en concert, à deux reprises. Je m'attendais à quelque chose de fusionnel, comme avec Higelin, mais il communiquait peu avec le public entre les chansons. Je suis retournée le voir en 1998, il avait rempli Bercy sans campagne médiatique, et s'adressait parfois à nous. Je l'ai perdu de vue après La Tentation du bonheur et Le Bonheur de la tentation, mais pour mon anniversaire l'Homme avait manigancé quelque chose…


Je me rends rarement porte de Versailles. Comme à chaque fois que je vais dans un coin que je connais peu, je me sens telle une étrangère en visite et crains toujours de ne pas trouver mon chemin quelle que soit la facilité d'accès annoncée par les plans de rues (il suffit en l'occurrence de traverser la rue une fois descendu du tram, hum, hum). Je me suis installée à ma place alors que Joseph d'Anvers, qui assurait la première partie, faisait retentir ses premiers accords de guitare. Je ne connaissais de lui que Tant de nuits, écrite pour Bashung, et j'ai beaucoup aimé son tour de chant.


La tâche des premières parties est d'autant plus ardue que le public ne s'est pas déplacé pour elles et si la plupart des gens ont assisté à cette partie du spectacle j'ai aussi vu du monde arriver en plein milieu, voire à sa toute fin !
Quand Higelin se fait attendre sur scène on espère le faire arriver plus vite à coups de Frère Jacques. Pour Thiefaine le public scande Je vous attends… Je me demande de quelle façon les équipes artistique et technique vivent cette pression supplémentaire, entre joie de se savoir attendu et agacement face à l'impatience des gens.

Chanson écrite au début des années 1970, au lendemain d'une manif sur le site de la centrale de Fessenheim.

Le spectacle a commencé, mêlant chansons récentes et anciennes – l'avantage quand on va voir un artiste à la discographie conséquente. Si la plupart de ces dernières ont été réorchestrées dans un ton (encore) plus rock le public ne s'y est pas trompé, reconnaissant rapidement les mélodies – même quelqu'un qui comme moi ne le suivait plus que de loin en loin s'y retrouvait facilement. Peut-être ce nouveau son est-il dû à son plus jeune fils, arrangeur et coréalisateur de son dernier album, par ailleurs présent sur scène…


Des versions bien différentes de celle-ci…






Quelques ballades ont tout de même été conservées.


La salle était comble.


Le carré des invités était situé un peu loin mais ce n'était pas très grave.


L'étrange sensation qu'hier encore on allumait des briquets. Aujourd'hui c'est la lueur des portables que l'on distingue. L'émotion était bien là à non seulement reconnaître les chansons les plus anciennes mais aussi de constater que je les sais toujours par cœur et qu'elles restent (tristement, parfois) d'actualité.


Dernière chanson avant les rappels.


Non, non, pas des adieux : je m'offre déjà des séances de rattrapage !


Le concert a été officellement filmé.

Merci pour l'«info»… Et que fait-on si on n'est pas d'accord, m'a soufflé mon mauvais esprit ?


3 commentaires:

Moune a dit…

Ahhhhh ce mauvais esprit lol !! Je connais mal... je vais me pencher sur cet artiste.

la maitresse en maillot de bain a dit…

j'y étais vendredi soir, magique. Ces mots me bouleversent chaque fois...

Dorémi a dit…

@Moune : je n'arrive pas à mettre le lien mais si tu demandes, dans youtube, "Sur les traces d'Hubert-Félix Thiefaine", tu trouveras un docu qui lui a été consacré il y a une dizaine d'années et te permettra de cerner un peu le personnage.
@la maîtresse : certaines de ses chansons m'émeuvent aux larmes…