lundi 7 décembre 2015

Vanités

Les cours ont repris à l'atelier des Beaux-Arts la dernière semaine de septembre. Trois semaines rapidement écoulées avant les premières vacances, durant lesquelles nous avons travaillé sur les vanités, ces natures mortes évoquant à la fois la vie humaine et son caractère éphémère. L'atelier s'est doté d'un squelette, dûment surnommé Oscar par Guadalupe, venue prendre la pose pour la première séance. Guadalupe est mexicaine, son rapport à la mort, ludique, festif, diffère totalement du nôtre. 

Très à l'aise avec Oscar, elle l'a sensuellement enlacé tandis que, de mon côté, je ne savais comment l'aborder. Peut-être un reste de crainte de petite fille que les squelettes effrayaient, auquel s'ajoutait le besoin de se remettre dans le bain après trois mois sans dessiner dans ces conditions. Difficulté supplémentaire, chaque pose durait cinq minutes, durant lesquelles il ne fallait pas croquer un mais deux personnages.
Le modèle prévu à la séance suivante n'a finalement pas pu venir et n'a trouvé personne pour la remplacer, aussi deux d'entre nous s'y sont-elles collées, avant de laisser la place au seul squelette afin de pouvoir elles aussi dessiner. Il m'a fallu plusieurs séances avant de trouver le médium qui me conviendrait le mieux.


Nous avons vu Carole revenir à la séance suivante, et les poses sont passées à dix minutes…


 … puis Gilles, toujours aussi puissant et gracieux. 


Dès la deuxième semaine de cours le prof nous a demandé de copier ce portrait de la mère de Dürer par son fils. On devine le squelette sous sa peau. L'exercice est complet, qui demande de maîtriser les drapés, les lignes de contour et les ombrés.

Albrecht Dürer, Portrait de la mère de l'artiste à 63 ans, dessiné au fusain deux mois avant sa mort.

Elle fut pourtant plutôt avenante, Barbara Dürer. En témoigne cet autre portrait d'elle peint en 1490 – elle a environ 39 ans. 


Les grossesses répétées, les deuils  (elle porta dix-huit enfants, dont trois seulement atteignirent l'âge adulte), des maladies mettant sa vie en danger à plusieurs reprises et la perte de son mari la transformèrent.

À partir de La Vie et la Mort, le tableau de Gustav Klimt, une composition nous a été demandée. La Vie ici est un cycle, représentée en cercle, tandis que, seule dans son coin, l'observant, la Mort est comme une sentinelle, une pique, qui mènerait la danse. On pourrait les figurer par le chiffre un pour l'une et zéro pour l'autre.




Quand la Mort mène la danse…

2 commentaires:

Lysalys a dit…

Merci pour ce compte-rendu. Un thème pas évident, je vais tenter la copie de la mère de Dürer.

Dorémi a dit…

Alors ? As-tu tenté ? Tu nous montreras le résultat ?