mardi 11 juin 2013

La douce est partie ce matin dans le Jura pour un séjour organisé par les professeurs de sport de son collège et la maison est étonnamment vide. «Étonnamment» parce que ce n'est plus la première fois qu'elle s'absente ainsi, en dehors des vacances. Nous la retrouverons dans la nuit de vendredi à samedi.
Là encore, j'espère qu'elle reviendra avec une provision de jolis souvenirs et qu'elle ne verra pas le temps passer. Ces journées lui permettront de découvrir entre autres activités l'accrobranche, le canoë, le salto-trampolino, la spéléologie, la descente en rappel ou encore la randonnée dans un cadre bien différent de ce que l'on peut trouver par ici. Elle qui n'aura bénéficié d'aucune classe externalisée à l'école primaire se rattrape cette année qui, finalement, aura été celle de bien des découvertes…
Elle retournera en cours juste avant le dernier conseil de classe et pour rendre ses manuels. Le collège étant centre d'examens elle sera en vacances dans dix jours.

dimanche 9 juin 2013

Du neuf avec du vieux - 2

J'ai dû recevoir cette housse de couette pour un anniversaire ou un Noël, avec sa jumelle à dominante turquoise, à une époque où ce type de couverture n'avait pas encore fait son entrée dans la plupart de nos foyers et où les cadeaux avaient souvent une dimension utile.


Je me souviens que ma mère les avait commandées à la Déroute à Rabais (qui n'a jamais aussi bien mérité son surnom qu'actuellement, quelle tristesse) alors même que nous n'avions pas encore de couettes, comme une première étape avant cet achat. J'avais pour ma part un édredon jaune pâle parsemé de petites roses qui, quelques années après notre installation en France, avait fait le même voyage que nous. Il était plus grand que ces housses, à l'intérieur desquelles j'arrivais rarement à le placer convenablement. Je faisais mon lit tant bien que mal, maman repassait derrière moi, repliait joliment le surplus de couverture à l'intérieur et ma couche ressemblait soudain à quelque chose. Je désespérais d'arriver jamais à un tel résultat et je crois bien qu'elle râlait d'avoir à rectifier le tir quasi quotidiennement, mais j'avais à peu près l'âge de la douce aujourd'hui et, avec le recul, je me rends compte que je n'avais ni la force ni l'envergure de bras pour  y parvenir.


Les deux housses furent utilisées des années durant, jusqu'à ce que l'usure efface l'imprimé aux endroits les plus sollicités, que certaines coutures et la toile ne tiennent plus. Peut-être parce que je les aimais tant maman les a gardées, avant de me les redonner. Longtemps je me suis dit que je les transformerais mais je n'arrivais pas à les visualiser en vêtement. Peut-être craignais-je aussi de ne pas avoir suffisamment de tissu pour en faire un, qu'il ne soit plus assez solide ou simplement de manquer mon coup…


La douce avait tout juste un an quand j'ai acquis ce sac de couchage, pensant qu'il servirait quand elle irait dormir chez les copines ou que celles-ci viendraient passer la nuit chez nous. Il n'a finalement  que peu servi à ça, nous nous sommes débrouillés autrement. En revanche, dans notre appartement mal isolé, il est toujours à portée de main et nous aimons nous lover dessous. Initialement rose framboise, les lavages répétés et l'usure ont là aussi fait leur œuvre. J'ai cherché à le remplacer mais l'Âne vert, chez qui je l'avais trouvé, ne le commercialise plus, les modèles qu'il propose aujourd'hui sont tous en synthétique.
J'ai pris mes ciseaux, ôté la fermeture à glissière puis cousu les bords découpés au point de zigzag  pour retenir le molleton. J'ai supprimé le haut de la housse de couette – élimé – et le bas – dont je ne voulais pas – avant de les recoudre en ménageant une ouverture pour pouvoir y glisser ce qui restait du sac de couchage, transformé les surjets sur les côtés en coutures anglaises, de façon à pouvoir retourner l'ouvrage une fois terminé : les imprimés étaient restés plus vifs à l'intérieur. À travers le drap on sentait plutôt bien les coutures qui avaient permis le molletonage du duvet. J'ai tenté dans un premier temps de me servir de ce guide inattendu pour coudre à la machine quelques points destinés à maintenir la couvrante à l'intérieur de sa nouvelle housse mais le résultat ne m'a pas satisfaite. J'ai ensuite essayé quelques grands points de croix à la main pour lui donner l'air de sortir des mains d'un tapissier mais je n'ai pas su m'y prendre pour obtenir un travail aussi propre à l'envers qu'à l'endroit. Je me suis finalement appuyée sur les plis laissés par le fer à repasser et sur les rayures de l'une des faces pour coudre quelques points de nœud.


jeudi 6 juin 2013

Fin de semaine champêtre

La douce et moi nous sommes rendues à la rotonde de la Villette samedi dernier, l'occasion pour ma petite citadine, qui adore ça, de voir des animaux de la ferme…

Nous avons assisté à la tonte d'une brebis, et la Demoiselle a rapporté un peu de laine brute à la maison.

Des projections et des conférences se déroulaient sous un barnum mais je n'ai pas pu les suivre : nous sommes d'une part arrivées un peu tard et, d'autre part, la mode actuelle qui veut que l'on mette de la musique partout, ajoutant souvent du bruit au bruit, a fait que je pouvais difficilement écouter ce qui se disait puisqu'une sono était installée juste en face de l'entrée de la tente – j'ai préféré ménager mes tympans. La Perle a en revanche appris à fabriquer une jardinière à réserve d'eau à partir de matériaux de récupération et est rentrée à la maison absolument ravie de son après-midi.

Deux sceaux alimentaires et l'un de leurs couvercles, une bouteille en plastique
ou un pot de fromage blanc et un bout de tuyau d'arrosage pour la jardinière, une vieille radio pour le pochoir…

Dimanche matin nous avons pris le train en direction de Beauvais pour visiter la ferme de l'un des producteurs de notre amap. Nous avons tiré la porte derrière nous un peu après 8 heures du matin et avons attrapé un bus presque tout de suite. En moins d'une demi-heure nous étions arrivées gare du Nord avec une avance confortable pour prendre nos billets et choisir le wagon dans lequel nous installer (ceux qui me connaissent apprécieront l'exploit). Nous ne quittons pas beaucoup Paris et n'allons quasiment jamais dans cette direction. C'était en tout cas une première fois par le train. Le soleil était au rendez-vous, faisant la nique au gris et froid mois de mai de cette année, nous permettant d'apprécier les jolis paysages. Une fois à Beauvais une voiture est venue nous chercher pour  franchir les quelques kilomètres qui nous séparaient de notre point de chute.


La ferme Sainte-Beuve est une belle exploitation dans tous les sens du terme,  avec quelque cent-soixante hectares de terres où sont installés des élevages bovin, porcin et de volailles (poules et pintades).


Le poulailler est installé dans la grande pâture. Il est conçu comme une espèce de traîneau que l'on tire pour pouvoir l'entretenir.

 La poussinière, qui peut abriter jusque cinq cents poussins.

Les terres, cultivées en biodynamie, donnent diverses variétés de céréales qui nourrissent les bêtes et permettent de produire des farines, moulues sur place, des pains, des brioches, des biscuits, de délicieux pâtés végétaux…
Un verger permet la production de jus de pommes ; des champs de colza et de tournesol celle d'huiles. Un pressoir a récemment été installé et nous devrions bientôt pouvoir bénéficier de cette production maison.
Si j'ai passé une partie de mon adolescence dans la campagne seine-et-marnaise j'ai vécu ma vie d'adulte en ville. Je n'ai pas une grande expérience des fermes mais j'en ai tout de même visité quelques-unes où, souvent, l'abord n'était agréable ni à la vue ni aux narines. Rien de tel dans celle-ci, où tout était d'une méticuleuse propreté.


Intimidés par notre présence, les porcelets ont commencé par se cacher avant de faire quelques furtives apparitions…


La porcherie se répartit en deux bâtiments : un pour les petits et un autre pour les bêtes plus âgées.


Les petits sont souvent atteints de vers et sont soignés, entre autres, avec de la musique. Jasmin Sainte-Beuve nous a expliqué qu'il ne savait pas exactement comment elle agissait sur eux mais qu'il avait constaté que cela marchait.


Cette partie de l'étable abrite les vaches prêtes à vêler.


Les autres, quant à elles, sont au pré, avec leurs veaux et les taureaux. Les bêtes sont des salers. Rustiques, elles ne demandent pas une alimentation sophistiquée et les femelles vêlent seules, raisons pour lesquelles les Sainte-Beuve, lorsqu'ils se sont lancés dans ce type d'élevage, ont opté pour cette variété.

Le moulin.

Le tout nouveau pressoir à huile.

J'ai demandé à mes acolytes (il s'agissait d'une visite interamap) si j'avais l'esprit mal tourné et si j'étais la seule à lire autre chose que ce qui était inscrit sur ce panneau… On m'a répondu que non. Me voilà donc à peu près rassurée…
La matinée s'est conclue par un pique-nique partagé, dont je n'ai pas pris de photos, avec des tables plus que bien garnies. Nous sommes parties à regret en début d'après-midi et avons conclu la journée avec un crochet par un vide-grenier dans notre quartier : la Demoiselle part à nouveau la semaine prochaine et nous avons flâné à la recherche de shorts-qui-ne-craignent-rien puisque ce séjour-là sera sportif.

mardi 4 juin 2013

Le Fleuve aux grandes eaux



Les billets ont été réservés dès janvier : nous rejoindrons les berges du Saint-Laurent dans très exactement un mois. Première traversée de l'Atlantique depuis plus de vingt ans pour moi ; première traversée tout court pour la douce et son papa ; premier voyage de cette envergure en quinze années de vie commune pour nous deux. Incroyable qu'il ait fallu s'y prendre aussi longtemps à l'avance pour trouver des billets à prix correct, surtout si l'on pense à tout ce qui peut arriver en six mois. Plus que encore trente dodos (et la chose continue de me paraître irréelle)…

samedi 1 juin 2013

Formidable




Ces images ont été filmées en caméra cachée. Des bruits commençaient à circuler quant à l'état de leur principal protagoniste mais Stromae jouait un rôle pour son dernier clip, qui a été visionné six cent mille fois dans les heures qui ont suivi sa mise en ligne…
Par-delà sa performance d'artiste je me demande si en France on assisterait à des scènes comme celle des policiers prêts à le raccompagner chez lui. Je ne connais que quelques-uns de ses titres mais j'en aime les textes, j'aime aussi qu'il sous-titre ses clips, les rendant ainsi accessibles à un plus grand nombre, et j'aime bien l'esprit de ses leçons.