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mercredi 26 juin 2013

Denses journées

Samedi s'est tenue la journée portes ouvertes du collège, à laquelle sont conviés les futurs élèves de sixième et leurs parents. Un spectacle de magie, une exposition des travaux des élèves et un concert  ont ponctué la présentation de l'établissement : l'orchestre Pasdeloup, en résidence dans le cadre du projet L'Art pour grandir, a interprété deux morceaux de Mozart (Divertimento en ré majeur – K136, Rondo en ré pour cor – KV412 386b), un de Stamitz (Concerto pour clarinette, 1er mouvement – pas trouvé de vidéo correspondante) et un autre de Gluck (Danse des esprits bienheureux) avec les enfants de la classe-orchestre de sixième qu'il parraine. Il a également accompagné une chorale dirigée par le professeur de musique. Au répertoire, des chansons de Rihanna (Diamonds, Stay), Christina Aguilera (Beautiful) et Zaho (Tourner la page, Un peu beaucoup). L'accompagnement, l'absence de mise en scène kitschissime ou vulgaire et de trémolos dans les voix ont balayé mes doutes initiaux quant au choix des titres et j'ai regretté l'oubli de mon appareil photo. Non seulement ont-ils eu droit à un tonnerre d'applaudissements et à un rappel mais la maire du 20e a proposé qu'ils se produisent devant la mairie l'an prochain à l'occasion de la fête de la Musique !
Afin d'améliorer le financement des activités organisées par le foyer socio-éducatif et de créer du lien dans le quartier, le collège et l'association des parents d'élèves organisaient dans le même temps un vide-grenier, un buffet et une tombola. Participant à la tenue du buffet je n'ai pas chômé et suis rentrée passablement fatiguée en début de soirée.
De retour à la maison j'aurais bien piqué du nez mais je me suis secouée : la Demoiselle et moi partions passer une nouvelle journée à la ferme le lendemain et il fallait préparer quelque chose pour le repas partagé avant de me mettre en train pour le concert d'Higelin… auquel je n'ai finalement pas assisté. Sur place une affichette indiquait que les concerts et le feu d'artifice prévus avaient été annulés en raison des intempéries. Je suis donc repartie en sens inverse. Peut-être était-ce aussi bien, après tout : qui a assisté à un concert de Jacquot sait quand ça commence mais jamais quand ça se termine. J'ai ainsi pu me coucher à une heure à peu près décente et l'aventure m'aura permis une rencontre sympa : deux filles m'ont ramenée en voiture un bout du chemin, m'évitant une correspondance de bus… Cette annulation était bien signalée, mais sur une autre page du site de la Ville de Montreuil. Je tâcherai d'aller le voir à notre retour du Québec,  le 21 juillet, place de l'Hôtel-de-Ville.
***
Dimanche matin la douce et moi sommes donc retournées en Picardie. Nous prenons nos légumes auprès de la famille Dreumont depuis plusieurs années mais n'avions encore jamais réussi à nous rendre chez eux. Cette fois-ci, nous avons trouvé une voiture pour nous emmener. Nous avons quitté un Paris ensoleillé pour rejoindre une ferme battue par le vent et la pluie.


Quelques courageux se sont aventurés dans les champs pour arracher liserons et autres indésirables avant que commence la visite de la ferme. Étant donné le climat celle-ci s'est principalement déroulée sous abri (serres, chambres froides, hangars) et a été suivie du repas partagé…


Désherber un tel champ représente jusqu'à une semaine de travail…


Qui dira que les légumes bio sont malingres ?


Dans cette serre sont entreposées les jeunes pousses des différents légumes jusqu'à ce qu'elles aient atteint une certaine maturité, leur permettant de mieux résister aux intempéries – une pouponnière, en quelque sorte. Même si les légumes les plus sensibles aux variations de températures sont cultivés sous serre (climat picard oblige si on veut des paniers variés), ces dernières ne sont pour la plupart pas chauffées, du moins pas en permanence.


On peut faire pousser du melon en Picardie. Il met simplement plus de temps pour arriver à maturité que dans les régions plus chaudes.


Haricots verts.


Courgettes. Au premier plan, d'énormes navets.


Oignons blancs et tomates. Sauf erreur ce sont des artichauts qui poussent tout à gauche sous la bâche noire. Celle-ci est biodégradable puisque fabriquée à partir d'amidon de maïs.


Des bourdons sont installés au bout des lignes de tomates afin de donner un coup de pouce à la pollinisation (merci Anne-Lise pour la photo !)…


Des membres d'autres amap nous ont rejoints juste avant le repas. Arrivés la veille ils avaient loué un gîte et avaient visité la ferme du Merlet (qui nous fournit en œufs) le matin. La visite a repris après manger, avec un un nouveau tour sous les serres. C'est le moment que nous avons choisi pour repartir, alors que certains comptaient à leur tour visiter la ferme du Merlet : Paris n'est pas si proche, et nos gentils chauffeurs ne voulaient pas risquer de se trouver pris dans les embouteillages avec des petits âgés de deux mois et quatre ans.
 ***
Lundi soir se déroulait l'audition de fin d'année de la Demoiselle. Elle s'était dans la journée rendue au château de Chantilly dans le cadre d'une sortie organisée par le foyer socio-éducatif du collège. Un prof d'histoire les accompagnait et a guidé leur visite. Je crois que mon amatrice de chevaux a bien apprécié cette escapade… Le car est arrivé avec une demi-heure de retard sur l'horaire annoncé au retour, il a donc fallu filer pour arriver in extremis avant la fin de ladite audition. Elle n'a même pas pris le temps d'ôter sa veste avant de se mettre au piano et a interprété le rigaudon qu'elle avait choisi sans se tromper… Je l'avais envoyée en avant pour qu'elle ait une chance d'arriver à temps mais suis arrivée trop tard pour la filmer : elle terminait son morceau alors que j'entrais dans la salle…

mardi 18 juin 2013

Résultat des courses…

 Le conseil de classe du troisième trimestre s'est tenu hier après-midi. La douce passe en cinquième, avec les félicitations des profs… Si je suis fière d'elle ? Bien sûr, mais je suis surtout contente pour elle. Je trouve que ce monde est devenu si dur, si brutal (si tant est qu'il ait jamais été doux !), que si ces bons résultats peuvent lui faciliter les choses pour la suite…
Nous sommes ensuite allées aux urgences. Nous avons été chanceuses car peu de gens se trouvaient dans la salle d'attente à notre arrivée, de sorte que la douce a rapidement été prise en charge. La radio n'a rien montré  – j'ai envie de dire : «comme d'hab» –, le problème est probablement musculaire d'après l'externe qui l'a examinée. Un interne – que nous n'avons pas vu – a regardé la radio et a confirmé l'hypothèse. L'externe lui a posé une attelle à garder trois ou quatre jours et il faudra prendre rendez-vous en consultation si la douleur perdure. M'est avis qu'on retournera plutôt voir l'ostéopathe…

dimanche 16 juin 2013

La Plume est rentrée dans la nuit de vendredi à samedi, avec une mine splendide malgré la fatigue du séjour et du voyage en car. Si elle a apprécié certaines activités d'autres l'ont carrément effrayée, de sorte qu'elle garde une impression mitigée de ce séjour.
Vendredi après-midi, avant le départ, son groupe est parti se balader en VTT. Au retour, ils se sont arrêtés pour souffler un peu au bord d'un cours d'eau. Elle s'est déchaussée pour y tremper ses pieds.  Alors qu'elle les rinçait avant de renfiler chaussettes et souliers, un de ses compagnons a lancé un  gros galet dans sa direction pour l'éclabousser. Sauf qu'il a mal visé. Et le galet est venu cogner son pied, celui de l'astragale. 
Hhhhhhhhh.
À son arrivée pied et cheville étaient pas mal enflés mais, étant donné l'heure, il était difficile d'évaluer l'ampleur des dégâts. Arnica, bande Velpeau, dodo. Hier matin, samedi, la zone avait viré au vert, bleu, jaune mais avait pas mal désenflé, et si elle restait sensible la douleur était supportable. Surtout, la douce était invitée dans l'après-midi au baptême de l'une de ses trois amies de toujours et n'imaginait pas manquer l'événement. Sauf que, le soir venu, la douleur s'est intensifiée au point que je lui ai donné du paracétamol pour la soulager. Tout à l'heure nous retournerons à l'église pour cette fois-ci assister à la communion de son amie mais il y a des chances pour que la journée se termine à l'hôpital… Et quoi qu'il en soit j'appellerai le collège dès lundi matin pour signaler l'accident.

mardi 11 juin 2013

La douce est partie ce matin dans le Jura pour un séjour organisé par les professeurs de sport de son collège et la maison est étonnamment vide. «Étonnamment» parce que ce n'est plus la première fois qu'elle s'absente ainsi, en dehors des vacances. Nous la retrouverons dans la nuit de vendredi à samedi.
Là encore, j'espère qu'elle reviendra avec une provision de jolis souvenirs et qu'elle ne verra pas le temps passer. Ces journées lui permettront de découvrir entre autres activités l'accrobranche, le canoë, le salto-trampolino, la spéléologie, la descente en rappel ou encore la randonnée dans un cadre bien différent de ce que l'on peut trouver par ici. Elle qui n'aura bénéficié d'aucune classe externalisée à l'école primaire se rattrape cette année qui, finalement, aura été celle de bien des découvertes…
Elle retournera en cours juste avant le dernier conseil de classe et pour rendre ses manuels. Le collège étant centre d'examens elle sera en vacances dans dix jours.

jeudi 30 mai 2013

Épatée

Trois jours après la reprise des cours la douce est revenue patraque du collège : mal de tête, mal de gorge, nausées, frissons, température corporelle oscillant entre 35,5° et 36,5°. Selon le doc, contacté après quelques jours parce qu'elle n'allait pas mieux, c'était probablement une infection virale qui passerait comme elle était venue – et c'est effectivement ce qui s'est passé. En attendant, je l'ai gardée une dizaine de jours à la maison mais cette semaine elle doit mettre un coup de collier en classe et notamment rattraper les devoirs sur table manqués. Elle en a jusqu'ici eu deux à rendre.
Elle s'est installée avec un chronomètre pour ne pas dépasser le temps imparti. Ces deux fois, quand elle a eu terminé, je n'ai pu m'empêcher de lui demander si elle voulait que je regarde son travail : «Non, a-t-elle répondu spontanément, parce que le [la] prof verra que je ne l'ai pas fait seule…» 
Ce n'était pas spécialement pour apporter des corrections ou lui suggérer de vérifier telle ou telle chose mais aussi par curiosité, pour voir un peu ce qui lui était demandé. Pas à dire, elle m'épate.

dimanche 23 décembre 2012

J'aime, j'aime, j'aime les vieux boutons en verre, en nacre ou en faïence. Ceux en métal aussi, mais ils sectionnent les fils à la longue. Je crois que je commence à en avoir une jolie collection. Certaines font du lèche-vitrine dans les centres commerciaux, je flâne sur eBay. J'y vois des merveilles mais résiste plutôt bien à la tentation du clic compulsif, merci les listes d'objets à suivre. Il ne me plaisait pas particulièrement mais j'ai vu une fois un bouton dont le prix de départ était de 20 euros – probablement parce que son centre était en écaille de tortue. Toujours sur eBay je m'étonne que l'on présente comme anciennes des choses datant des années 1970. Je date d'avant et ne me sens tout de même pas si ancienne que ça… Dans mon esprit «ancien» renvoie, du moins pour les objets, à la première moitié du vingtième siècle et même avant.
Petite fille il m'arrivait de passer mes vacances chez mes grands-parents. J'avoue m'y être parfois ennuyée, malgré toute l'affection que je leur portais. Leur retraite prise ils étaient retournés vivre dans leur village natal où je ne connaissais personne de mon âge et le temps pouvait me sembler long si aucun cousin ne s'y trouvait au même moment. Souvent, les soirs d'été, à l'issue d'une balade en vélo, je m'arrêtais au cimetière. J'étais fascinée par les pierres tombales qui indiquaient une naissance au dix-neuvième siècle et un décès au vingtième, sans me rendre compte que mes propres dates de début et de fin seraient également à cheval sur deux siècles différents.
Le Merle moqueur a ouvert sa première librairie quelques mois, un an tout au plus, avant que la Demoiselle ne s'annonce. Leur local n'était vraiment pas vaste à l'époque et, par la suite, pour peu que je m'y rende sac au dos et bébée sur le ventre, je me suis bien des fois fait l'effet d'un éléphant dans un magasin de porcelaines. Son voisin était un fleuriste, à l'enseigne du Jardin extraordinaire. À deux pas du Père-Lachaise et du mur des Fédérés, j'aimais ce brin de poésie. Le Merle a déménagé un peu plus haut dans la rue, il est maintenant installé dans un ancien garage, bien plus spacieux et très lumineux, qui lui permet d'inviter des artistes pour des lectures, des concerts ou des expos. Il a de plus ouvert une annexe au Centquatre. Un marchand de vins occupe son local précédent. Le fleuriste est aussi parti, remplacé par un autre qui a donné un nom quelconque à son magasin. Dommage. Un peu plus bas dans la rue se situe le meilleur traiteur libanais que je connaisse, qui propose une variété de mezzés jamais rencontrée ailleurs. Quand je suis arrivée dans ce coin les thés Mariage Frères avaient leur entrepôt dans la rue parallèle à la mienne et en passant devant on était comme enveloppé par les fragrances qui en émanaient. On trouvait régulièrement sur le trottoir les grosses boîtes en bois qui avaient contenu l'une ou l'autre variété de ces thés en vrac. J'en avais récupéré quelques-unes mais je n'ai jamais su les recycler et j'ai fini par m'en débarrasser – bien à regret. L'entrepôt a déménagé depuis, à Bercy je crois, et une salle de sport le remplace. J'avais pas mal lu sur l'histoire de mon ancien quartier et quand je le parcours accompagnée je me plais encore à transformer le trajet en visite guidée. De mon coin actuel je sais qu'il a servi de lieu de regroupement avant d'envoyer les gens à Drancy durant la dernière Guerre mondiale. Mon vis-à-vis est une caserne militaire et si la construction est moderne elle n'en ressemble pas moins à une forteresse. Je ne le savais pas quand on a visité l'appartement. On peut toujours se poser la question de la direction qu'auraient prise les choses si… mais il m'arrive de me demander quelle tournure elles auraient prise si on avait attendu une autre proposition d'appartement. Le Musicien était à l'époque intermittent du spectacle et peut-être aurions-nous accédé à l'un de ces logements réservés aux artistes. Quelques rues plus loin, derrière notre tour, se trouvent de petites maisons de ville avec jardins, élues par des artistes en des temps où l'immobilier parisien était plus abordable. L'Atelier que Vincent Josse avait consacré à Willy Ronis en parle très joliment. Pas très loin de la caserne se trouve la Campagne à Paris, même si avec la circulation des Maréchaux je me demande depuis longtemps si le nom de «campagne» est toujours mérité. Étrange de penser qu'à l'origine cette partie de la ville accueillait des maisons d'ouvriers, quand de nos jours leur prix y atteint des nombres à sept ou huit chiffres.
Alors que mes billets reçoivent de moins en moins de commentaires il semblerait que de plus en plus de personnes viennent s'égarer par ici. J'aimerais bien qu'il y ait un peu plus d'échanges, de partages (merci à mes fidèles de la première heure) ; j'ai parfois l'impression de monologuer mais ce n'est pas la raison pour laquelle j'ai ouvert ce blougui, je n'ai pas besoin de lui pour ça. Je ne sais pas bien comment intituler ces billets sans queue ni tête, «miscellanées» conviendrait-il ? Il s'agit de choses dont je me suis dit à un moment ou un autre que j'en parlerai ici mais j'en ai laissé passer l'occasion ou, tout simplement, elle ne s'est pas présentée. Je le fais avant que d'oublier. Après tout les blouguis servent un peu à ça, entre autres choses : ne pas oublier.
Je n'arrive quasiment plus à lire mais je continue d'emprunter les livres à la bibli à mon rythme habituel. La pile d'attente s'accroît et je dois parfois rendre les ouvrages avant de les avoir même ouverts, c'est terriblement frustrant. J'ai passé plus de six semaines sur le Boyd mais je déteste ce genre de littérature de l'absurde, Beckett et Ionesco ne sont pas pour moi, je crois qu'elle m'angoisse, ni plus ni moins. J'y éprouve un peu la même sensation qu'à l'issue de ces rêves récurrents que je faisais plus jeune. Dans l'un d'eux je me trouvais face à un individu masqué. Il retirait son masque, un autre se trouvait dessous, et ainsi de suite. Dans un autre je me trouvais dans un espace sombre, où il fallait écarter des voiles (toiles d'araignées ?) pour avancer, mais chaque voile en cachait un autre.
Les fêtes de fin d'année approchent et à peu près rien n'est prêt pour les miens. Je suis partagée entre l'ennui et l'indifférence quant à cette situation, ce qui m'importe habituellement c'est de passer du temps avec eux, mais les choses se passent rarement comme je les ai imaginées.
J'aimerais bien savoir intégrer un lecteur de musique à certains de mes billets, parfois les vidéos que je trouve pour illustrer les chansons ne me plaisent pas, parfois elles n'existent simplement pas ; je n'ai pas trouvé d'explications suffisamment claires pour mon cerveau lent.
Pour le dernier cours avant les vacances de la Toussaint la prof de français de la Demoiselle avait fait visionner aux enfants Les Noces de Figaro, je ne sais pas si elle avait vraiment aimé. Elle apprécie pourtant Mozart. Toute petite, pas encore scolarisée, elle avait fait main basse sur un disque de Fazil Say que je m'étais offert un peu avant sa naissance mais il est vrai que ce n'était pas de l'opéra… Cette fois-ci, les enfants ont regardé La Belle Hélène, dans sa version jouée au théâtre du Châtelet en 2000, et elle a bien aimé. Ils sont en train d'étudier l'Illiade et je crois que ça lui a rendu ce texte moins rébarbatif. Elle est arrivée enchantée à la maison vendredi après-midi, et pas seulement en raison du début des vacances. J'ai retrouvé la même version de l'opéra-bouffe morcelée sur YouTube et on a continué de le regarder pendant un moment.
Suis allée au supermarché hier et n'ai étrangement pas eu à faire la queue pour passer en caisse. J'ai trouvé le choix dans les rayons limité comparé aux autres années. Un effet de la crise, sûrement.
La veille du marché de Noël je me suis fortement cogné le pied gauche contre le canapé. Je me suis retrouvée avec un petit orteil violacé et le pied et la cheville si enflés que j'ai cru ne pas pouvoir me chausser le lendemain. Une grande semaine plus tard c'était encore sensible, pour ne pas dire douloureux. Alors que je commençais tout juste à m'en remettre j'ai trouvé le moyen de me cogner au même endroit hier soir et j'en ai vraiment vu trente-six chandelles.
Pour terminer l'année en beauté j'ai trouvé l'antre du Musicien inondé hier matin. Etant donné le jour, étant donné le calendrier, inutile d'espérer aucune intervention de qui que ce soit avant lundi, et peut-être même mercredi. Pas moyen non plus d'alerter mon voisin du dessous, dont je sais pourtant qu'il en aura également été affecté (c'est déjà arrivé l'an dernier, dans une moindre mesure, et on pensait que ç'avait été résolu) car il est parti quelques jours. Le problème provient de la façade, pourtant ravalée il y a quatre ans. J'ai dû tout débrancher  dans la pièce pour éviter une électrocution et en sortir une partie des choses. Nous avons épongé une trentaine de litres d'eau de pluie qui n'avaient eu besoin que d'une heure pour s'infiltrer… On a reçu le renfort de notre voisine immédiate préférée alors que la Demoiselle et moi peinions à en apercevoir le bout. Le papier peint et le plancher ont morflé, et étant donné leur taille je n'ai pas bougé les bibliothèques qui meublent cette pièce mais je crois que l'on ne s'en tire pas trop mal ; je n'ose en revanche penser à l'état dans lequel le voisin trouvera sa maison à son retour. Voilà au moins deux ans que je dis qu'il faut refaire cette pièce, on ne pourra plus  y couper maintenant. Quand j'ai appelé la permanence de notre bailleur on a d'abord commencé par me dire que le problème était locatif (et puis quoi encore ?!) mais je ne me suis pas laissée faire et si tout se passe bien les travaux seront pris en charge par son assurance. Le nôtre, d'assureur, m'a expliqué au téléphone qu'il prendrait en charge notre relogement durant les travaux en cas de besoin mais je rappellerai dans la semaine pour me faire confirmer tout cela.


mercredi 19 décembre 2012

Au printemps dernier dans le bus une toute petite fille de neuf mois a eu un coup de cœur pour ma Perle et le ciré qu'elle portait. Elle en a attrapé un bout de pan pour ne le lâcher que lorsqu'il nous a fallu descendre et, pour la première fois, au grand ravissement de sa maman et de ma Demoiselle, nous a dit au revoir de la main. Parfois dans les transports en commun je vois de jolis jeunes hommes, qui posent sur moi un regard bienveillant. J'en oublie mon aspect et mon âge plus que canonique. J'ai emprunté lundi le nouveau tronçon du tramway. Confort incomparable. Je pensais (et n'étais pas la seule) qu'une même rame ferait le tour de la ville, mais non. Je ne sais pas combien de tronçons sont prévus au final – trois ou quatre ? – j'ai juste entendu l'autre jour à la radio que le 16e se montrait réfractaire au projet – étonnant, non ? Le nom de beaucoup de stations (la moitié, me semble-t-il) a été changé, pour rendre hommage à des femmes, et c'est assez déstabilisant quand on emprunte la ligne pour la première fois et qu'on ne sait pas exactement où se situent les arrêts, à quoi ils correspondent par rapport à nos repères habituels. Ce nouveau mode de transport place la porte de Vincennes à un quart d'heure, vingt minutes de la maison et c'est extra. Le temps des correspondances, en revanche, est encore aléatoire. J'ai mis une heure et demie à rentrer depuis le 12e arrondissement et j'ai entendu une dame raconter qu'il lui avait fallu trois quarts d'heures pour aller de la porte de St-Mandé (Alexandra-David-Néel pour le tram) à celle de Bagnolet, quelques heures plus tôt, mais on attribuera ça à la période de rodage. Les arrêts sont encore plus ouverts à tous les vents que ceux des bus et je suis arrivée frigorifiée. Je crois qu'une rame de tramway peut accueillir autant de passagers que trois bus mais l'heure de pointe y reste l'heure de pointe…
La pluie qui tombe sur Paris est acide et, pour peu que l'on se soit laissé surprendre, brûle le visage même si la peau a convenablement été hydratée auparavant.
J'ai assisté à mon tout premier conseil de classe de toute ma vie la semaine dernière. Lorsque le nom de la Demoiselle a été évoqué les enseignants ont tous affiché un grand sourire. Elle a leurs félicitations. J'ai été surprise du rythme soutenu auquel cela s'est déroulé mais les profs en avaient un autre dans la foulée. Quand ils disent que leur classe est hétérogène les enseignants sourient souvent mais je me demande à quel point c'est bien quand j'observe ou entends parler de l'attitude de certains oiseaux rares. Malgré ses excellents résultats, depuis les dernières vacances, mon Tourbillon a décompté chaque jour qui la séparait des prochains congés. Elle revient déjeuner le lundi depuis la dernière rentrée, pour ne plus avoir à trimballer son sac si lourd ce jour-là. Je pensais que ça allait mieux, qu'elle s'était faite au rythme de ses semaines grâce entre autres à cet aménagement mais elle a eu une nouvelle (petite) crise de désespoir pas plus tard que la semaine dernière. Avec son emploi du temps à la noix elle est sur les rotules dès le mercredi midi, d'autant qu'elle trouve toujours moyen de ne pas se coucher tôt – elle attend son père et fait traîner les choses avec une rare maîtrise dans l'espoir de grappiller quelques minutes avec lui avant de s'endormir. Elle ne pratique plus qu'une activité, le piano. Nous n'avons pas visité d'expo depuis l'été dernier et cela me manque. Je ne sais pas si je mettrai à profit les prochaines vacances pour me rattraper, je n'aime pas exactement les bains de foule et j'ai perdu le fil de ce que j'aurais voulu voir. Les relations se sont apaisées entre le principal du collège et les parents d'élèves et c'est tant mieux parce qu'une année entière dans une atmosphère conflictuelle aurait été détestable en tous points. Au printemps prochain la Demoiselle partira cinq jours en Franche-Comté avec le collège. Ce sera sa première fois loin de nous, hors de la famille, si longtemps. Elle n'est jamais partie en classe découverte – les crédits de la Ville ont été réduits – et si nous lui avons plusieurs fois proposé de partir en colo elle n'a jamais voulu en entendre parler. Elle est cette fois-ci demandeuse. Ce sont les professeurs de sport qui organisent ce séjour. Lorsque je me suis présentée à sa prof j'ai eu droit à un grand sourire. Elle m'a aussi identifiée comme «parent d'élève» et m'en a remerciée, disant que les enseignants avaient besoin que des parents s'investissent. Ça m'a fait chaud au cœur.
Un groupe sévit en bas de chez nous et des immeubles avoisinants depuis quelques mois. Je pensais qu'ils tenaient les murs et accessoirement les cages d'escalier mais il s'agit de dealers. Des filles les rejoignent parfois, dont une avec un bébé. J'ai entendu dire que les garçons filmaient leurs ébats avec elles grâce à leurs téléphones portables. Quelle idée ont-ils des relations humaines ? Quelle vie la (trop) jeune maman prépare-t-elle à son bébé ? Qui sont les parents de ces ados ? On voit régulièrement la police les courser, sans y pouvoir grand-chose car ils sont mineurs. Des vigiles circulaient régulièrement aussi à un moment donné ; on ne les voit plus. De toute façon ils n'empêchaient pas grand-chose non plus, surtout une fois leur dernière tournée effectuée. Ce n'est pas exactement l'environnement dont je rêvais pour ma seule et unique enfant. Je n'ai jamais aimé cet endroit même si, au fil du temps, j'y ai fait de belles rencontres, et je voudrais maintenant plus que jamais le quitter mais nous sommes coincés, il faudrait que je trouve un emploi fixe. Nous sommes ici depuis exactement dix ans et je me languis toujours de mon ancien quartier, surtout quand je vois tous les aménagements qui y ont été apportés depuis notre départ. Notre appartement actuel est incomparablement plus confortable que ceux que nous avons quittés à l'époque mais je ne peux empêcher l'émotion de poindre lorsque je retourne par là-bas, même si je n'y connais plus personne. J'y retourne assez souvent : Coopaname n'en est pas loin, ma marchande de laines non plus. La tour dans laquelle nous vivons fait partie du parc de logements intermédiaires de la Ville de Paris, elle est entourée d'autres immeubles du même style, moins hauts et plus longs. Quand nous sommes venus avec notre bon de visite, la première fois, en la voyant, je me suis dit : «Non, pourvu que ce ne soit pas là.» J'avais beau tenter de lui trouver quelque chose de joli ou d'un tant soit peu harmonieux visuellement, je n'y parvenais pas. Nous avons postulé pour l'appartement en pensant qu'on  ne l'obtiendrait pas et pour que notre dossier ne se trouve pas stratifié, nous l'avons tout de même décroché. Pas moyen de faire machine arrière, l'attitude aurait été inqualifiable alors que tant de gens attendent pendant si  longtemps et qu'il y a tant de mal logés mais depuis que nous vivons ici j'ai l'impression d'être prise dans une descente dont je me demande si elle prendra jamais fin et quand. L'Homme tient le coup, en faisant je crois le dos rond. Sans lui nous serions à la rue. Comme tous les ans, au moment des fêtes de fin d'année, il a reçu des chocolats de ses élèves. L'une d'elles lui a offert une grande boîte d'After Eight. Je crois bien que je n'en avais pas mangé depuis trente ans. Lundi soir, alors que j'attendais le tram, je suis entrée chez un vrai chocolatier. C'est le nom de l'enseigne qui m'a attirée, il m'a semblé reconnaître celle d'un pâtissier-traiteur de la rue d'Avron chez lequel je suis parfois allée lors d'occasions particulières mais après recherches je me suis aperçue que ma mémoire m'avait trahie. J'y suis d'abord allée «pour voir», j'en suis ressortie avec un petit sachet de chocolats fins que j'offrirai. Et aussi un sachet contenant un mélange de bonbons à la violette et aux coquelicots.

jeudi 15 novembre 2012

Le Récit de Gilgamesh




Je serais curieuse de savoir si la personne qui a eu l'idée de mettre Le Récit de Gilgamesh au programme de français des classes de sixième a des enfants ou, au moins, les connaît… Ce texte est également évoqué au programme d'histoire : il fait l'objet d'un passage dans le manuel et si je trouve chouette que l'on fasse concorder les programmes de plusieurs matières (je n'ai pas souvenir de cela, «de mon temps»), il n'en reste pas moins que les loupiots ne sont pas en mesure d'en évaluer l'importance, il n'a pas été écrit à l'intention d'un lectorat de leur âge – même si on sait que certains voient des choses qui ne leur sont absolument pas adaptées (un instit m'avait raconté  que certains petitous de 6 ans avaient déjà vu des films pornos, sans parler de ce qu'affichent les façades des marchands de journaux).
Quelle est la marge de manœuvre des enseignants ? Peuvent-ils, tout en restant dans les clous, choisir un ouvrage plutôt qu'un autre ? Si oui, pourquoi prendre celui-là ? À imposer aux enfants des lectures qui ne leur sont pas adaptées ne risque-t-on pas de les dégoûter de la lecture en général ou même de leur ôter toute envie de découvrir des choses par ce biais ?
Si la présentation de l'éditeur n'est pas fausse elle est cependant bien gentillette, pour ne pas dire édulcorée, concernant certains passages.
La Demoiselle l'a eu à lire et à résumer, tablette par tablette, durant les dernières vacances. Autant dire qu'elle ne s'est pas vraiment détendue. Et comme elle a détesté, elle a fait traîner les choses en longueur… J'ai demandé autour de moi comment s'étaient déroulées les vacances, avec ce livre, et les réponses obtenues allaient toutes dans ce sens.
Lundi la prof s'est assurée que les résumés avaient bien été rédigés mais n'a pas relevé les copies (et étant donné la longueur du devoir demandé, relire vingt-cinq fois  la même chose plus ou moins bien écrite… je ne lui jette pas complètement la pierre, d'où ma question concernant le choix des ouvrages). Ils ont oralement résumé les différentes tablettes et elle en a profité pour leur préciser des choses durant ce cours et le suivant (soit deux heures), et puis c'est tout. Du moins pour l'instant. Ils sont déjà passés à autre chose, en l'occurrence l'Ancien Testament et le Coran. Peut-être compareront-ils plus tard certaines légendes et techniques narratives ? En attendant, la Demoiselle en avait un peu gros sur la patate : «J'aurais aussi bien pu écrire n'importe quoi…», a-t-elle dit.
Mon mauvais esprit se demande si c'est une façon de préparer les enfants à ce qui les attend plus tard, en tant qu'adultes, vous savez, quand on se décarcasse pour pas grand-chose à l'arrivée…

Le Récit de Gilgamesh
Coll. «Classiques abrégés»
L'École des loisirs

Je précise, s'il le faut, que je ne cherche pas à charger la prof, je me pose réellement ces questions. Après tout, en tant que parent, je fais aussi mon entrée en sixième…

mercredi 24 octobre 2012

Premier demi-trimestre, tentative de bilan

Plusieurs réunions se sont déroulées au sein du collège ces dernières semaines, durant lesquelles j'ai posé la plupart des questions que j'avais préparées. Quelques-unes attendent encore le moment propice pour être posées, quoique je ne me leurre pas trop quant à la réponse qu'elles obtiendront.

Nulle, nulle, nulle, je n'ai trouvé la convocation à la première réunion Fcpe, où l'on postulait au conseil d'administration, qu'après coup – une demi-feuille glissée entre le bulletin d'adhésion à la Fédération et celui de la MAE, je ne l'ai pas vue, au temps pour moi – et la liste électorale était déjà bouclée quand j'ai pu rencontrer les bonnes personnes. Pour la première fois depuis huit ans je ne serai pas élue mais les conseils de parents d'élèves ne fonctionnant pas au collège comme en maternelle et en primaire je pourrai me présenter comme déléguée de classe (moi qui ne l'ai jamais été en tant qu'élève !) ou participer à des commissions. Peut-être est-ce aussi bien, après tout. Peu m'importe le statut d'élue, je ne veux que participer, de préférence utilement.

Lors de la première de ces assemblées, qui permettait de faire connaissance avec l'établissement, le personnel administratif et les professeurs principaux des classes de sixième, j'ai demandé si une nouvelle modification de l'emploi du temps était prévue ; on m'a clairement laissé entendre que non. Mes interlocuteurs m'ont paru tomber des nues lorsque j'ai fait remarquer que les lundis et mardis concentraient quinze heures de cours auxquelles il fallait, chaque soir, ajouter plusieurs heures de devoirs et que même à des adultes on ne demandait pas un tel effort intellectuel. On m'a répondu que les longues journées étaient ponctuées par le sport, qui ne demandait pas le même type d'effort. J'ai rétorqué que dans ce cas la fatigue physique venait s'ajouter à la fatigue morale. Je ne l'ai pas dit à ce moment-là parce que je n'avais pas encore bien mémorisé l'emploi du temps mais j'aurais dû ajouter que, certes, il y a deux heures de sport le mardi, mais quid du lundi ? Lundi qui, une semaine sur deux, se termine par une heure de maths… (Et oui, je suis consciente du casse-tête que doit représenter la mise en place des emplois du temps dans un tel établissement, entre le nombre de classes et les disponibilités des enseignants qui parfois exercent dans deux, voire trois endroits différents.)
J'ai aussi fait remarquer le poids des cartables spécialement ces jours-là et demandé s'il n'était pas possible d'attribuer au moins aux classes des plus jeunes (sixièmes et cinquièmes) une salle principale de façon qu'ils n'en soient pas constamment encombrés. On m'a répondu que les enfants devaient se rendre dans trop de salles spécialisées pour que cela soit possible. J'ai fait remarquer que le système existait dans d'autres établissements et dans d'autres pays, j'ai eu droit à un haussement de sourcils et d'épaules, et l'on m'a dit que, ce collège-ci accueillant près de sept cents élèves, ça n'était pas possible. Il paraît que l'expérience a été tentée par le passé et n'a pas fonctionné, notamment parce que le bazar s'installait lors des interclasses, entre le moment où le premier professeur quittait la pièce et celui où le deuxième arrivait. On m'a aussi dit que l'idéal serait que chaque classe dispose de deux jeux de chaque manuel : un pour la maison et l'autre qui resterait au collège. Etant donné le coût d'une telle organisation les enfants ne sont pas près d'en profiter, d'autant que nous avons appris par la suite que plusieurs centaines de livres, toutes matières et classes confondues, faisaient défaut – situation heureusement en passe d'être résolue.
J'ai demandé s'il était envisageable d'étendre l'accessibilité aux casiers. Une fois de plus la réponse a été négative. J'ai demandé pourquoi, dans ce cas, ne pas installer des sortes de porte-bagages pour tous, de façon que tout le monde ait un endroit où déposer ses affaires, on m'a parlé de vols. Mais on m'a aussi dit que les casiers actuels étaient de toute façon régulièrement fracturés. D'ailleurs une partie d'entre eux sera bientôt remplacée.

La prof de français de la Demoiselle, qui est également sa prof principale, donne pas mal de boulot, systématiquement, plusieurs leçons à apprendre et exercices à faire pour le cours suivant, et les enfants la voient quatre jours sur cinq. Sans en contester la quantité, je lui ai demandé si elle agissait ainsi le temps d'évaluer le niveau des élèves ou si cela se passerait comme cela toute l'année parce que, pour l'heure, ça donnait l'impression de n'en pas voir le bout (puisque impossible de prendre de l'avance). Hormis les rédactions pour lesquelles, le moment venu, elle leur accordera un délai, cela se passera ainsi toute l'année. Heureusement qu'elle leur donne les autodictées et autres choses un peu costaudes à préparer le vendredi pour le lundi – mais les fins de semaines n'en sont que plus studieuses.
(Petit aparté : je crois que cela ne se pratique pas partout mais, à l'école élémentaire de la Demoiselle, les maîtresses des deux ou trois années précédentes ont progressivement donné les devoirs à l'avance pour habituer les enfants au collège. Ne serait-il pas dommage qu'elle perde ce pli ?)
La remise des bulletins du premier demi-trimestre et l'élection, le même jour, des parents au conseil d'administration du collège ont occasionné  une réunion parents-professeurs (j'ai pensé aux copines, quel marathon !), et donc une rencontre avec elle. J'ai demandé, rejointe par d'autres parents, s'il lui était possible de répartir différemment la charge des devoirs et d'en donner moins les lundis et mardis étant donné la lourdeur des horaires. Elle a dit oui, on verra comment ça se passe à la longue.
Les contes sont au programme de français en sixième. Vendredi dernier elle a demandé aux enfants de rédiger le schéma narratif d'un conte sur la base du cours correspondant (indiquer la situation initiale, l'élément modificateur, les péripéties, l'élément de résolution et la situation finale), sans donner plus d'indications. Lundi, les enfants ont lu leurs trames à voix haute durant le cours mais aucune n'a trouvé grâce à ses yeux sauf, peut-être, à la rigueur, celle de la Demoiselle, à qui elle a malgré tout demandé de revoir la situation initiale («Oh non, pas une histoire d'amour !», a-t-elle dit, mais les histoires d'amour et les jeux de pouvoir ne sont-ils pas l'essence même des contes ?) ; de l'améliorer ce qui, sauf erreur de ma part, revenait à lui faire entièrement recommencer l'exercice. Ma Gracieuse a essayé de trouver un autre angle d'approche, n'a pas réussi. J'ai tenté de l'aider, en vain. La prof a trouvé un mot dans le carnet de liaison au cours suivant. Il était hors de question de passer des heures à réécrire un texte qui répondait aux critères de départ. J'espère qu'elle ne lui en tiendra pas rigueur.
Toujours lundi, elle a demandé aux enfants du merveilleux, du poétique, une histoire qui ne se déroule pas de nos jours et, d'après les échos recueillis, a porté des jugements de valeur sur les différents schémas proposés. C'est d'ailleurs assez troublant parce que, par ailleurs, elle commente les devoirs notés de façon bienveillante.
Une camarade de la Demoiselle, d'origine chinoise, avait choisi un conte traditionnel chinois pour son devoir ; elle a dû le recommencer après que la prof a jugé que l'élément modificateur ne convenait pas, ne lui laissant même pas dérouler son plan jusqu'au bout. Une autre en a choisi un où il était question d'une princesse qui ne voulait pas se marier, faisait passer une sorte de concours à tous les jeunes hommes susceptibles de lui convenir et finissait par tomber amoureuse de celui qui n'avait réussi aucune des épreuves imaginées : recalée, parce que, selon la dame, ce n'était pas possible. Pourtant semblable histoire a bel et bien été publiée… Certains enfants ont rédigé leur schéma narratif à partir d'une histoire issue de leur imagination : également recalés. Quand j'ai demandé à ma Demoiselle et à ses camarades comment s'était passé le cours, elles m'ont unanimement  répondu que personne n'avait eu bon, que tout avait été jugé nul… La prof n'a probablement pas prononcé ces mots, de ce que j'ai pu constater elle n'emploie pas ce langage, mais c'est le message qu'ont perçu les enfants.
Ne pouvait-elle préciser ce qu'elle voulait au moment où elle leur a donné ce devoir ? Agir comme elle l'a fait ne revient-il pas à les placer en situation d'échec ? N'aurait-il pas mieux valu, au moins cette première fois, faire cet exercice en classe ?
Elle a moyennement apprécié le mot du carnet de liaison, a répondu qu'elle pensait savoir ce qu'elle faisait et n'avait pas demandé de refaire l'exercice mais de préciser son introduction. Ce n'est pas ce que ma Demoiselle avait compris – et les copines auprès de qui elle a pris soin de vérifier qu'elle avait bien compris ce qu'elle avait compris non plus. Elle a également ajouté : «Ces élèves ne sont pas en situation d'échec : ils apprennent !» J'ai répondu par quelques paroles d'apaisement car je ne souhaite pas polémiquer mais je persiste à penser que d'autres méthodes, plus constructives, existent. Je ne crois pas qu'observer comment les enfants se plantent, critiquer le résultat de leurs efforts avant de leur donner la bonne méthode soit respectueux d'eux ni de leur travail.
Toujours mardi, sur la base du plan qu'ils avaient préparé, les enfants ont eu leur première rédaction. En une heure, et peut-être moins car je suppose qu'il a fallu vérifier d'une façon ou d'une autre les modifications apportées par les enfants à leurs plans. Elle les a corrigées très rapidement puisqu'elle les a rendues dès mercredi. La Demoiselle s'en est bien sortie, je ne sais pas ce qu'il en est du reste de la classe. J'ai en revanche reçu l'appel catastrophé d'une maman avec qui j'ai sympathisé : son garçon, qui avait entièrement dû refaire son plan, a écopé d'une mauvaise note. La prof aurait voulu une histoire avec un seul protagoniste. Elle n'a par ailleurs pas vu/lu la dernière partie de celle-ci, qui n'a pas été corrigée… Le gamin, pourtant d'abord motivé, ne veut plus aller en cours de français.

Le prof d'arts plastiques, de son côté, a expliqué porter des jugements techniques mais jamais de valeur sur les œuvres des enfants… qui ne le voient malheureusement qu'une heure par semaine.

Le prof de maths a décidé de ne pas utiliser le manuel (en même temps, les enfants n'en ont pas reçu) et de s'appuyer uniquement sur le fascicule d'exercices. En cas de besoin, pour des précisions par exemple, les élèves se réfèreront bien sûr à sa leçon et se rendront sur un site Internet complémentaire. Nous ne sommes pas concernés à titre personnel mais si cela devient de moins en moins fréquent toutes les familles ne disposent pas de leur propre ordinateur. Comment feront les enfants qui n'y ont pas accès chez eux ?
Pas de manuel de maths, mais deux cahiers – dont un seul sert pour l'instant –, les règle, rapporteur, équerre, compas et calculette qui ne servent pas non plus ainsi qu'un classeur et le fascicule d'exercices.
Plusieurs parents ont demandé que les enfants n'aient pas à prendre les affaires dont ils n'ont pas l'usage et que le professeur leur précise de les apporter le moment venu, ce qu'il a volontiers accepté. J'ai suggéré de transférer le contenu du cahier dans le classeur pour que les sacs soient moins lourds mais il a fait un blocage sur mon propos et la perspective de simplement y ajouter des intercalaires pour ce faire a semblé semer la confusion dans son esprit. Il a néanmoins fait ajouter un intercalaire aux enfants au cours suivant.

Faute de temps, nous n'avons pu rencontrer trois enseignants, dommage.

À la suite de cette demi-matinée d'information la conseillère d'éducation en charge des sixièmes avait prévu une réunion dont le thème était : «Accompagner son enfant en sixième». Beaucoup de sujets ont été évoqués en raison de tous nos questionnements mais pas celui de la réunion, là encore par manque de temps. Elle a prévu d'en organiser une autre.
Nous étions pas mal de parents de la classe de la Demoiselle à y assister et avons de nouveau abordé la question de l'emploi du temps : en plus des débuts de semaine si lourds, laisser des enfants âgés de dix à douze ans livrés à eux-mêmes toutes ces après-midis pose problème à beaucoup. Je n'entre pas dans ce cas de figure mais les choses ne sont pas des plus simples lorsque je dois interrompre un boulot quand elle arrive vers 15 heures, affamée parce que le repas de la cantine n'était pas bon, qu'elle n'a pas mangé grand-chose et qu'il faut lui repréparer un déjeuner.
La question du poids des cartables a de nouveau été soulevée, si l'on peut dire. Paradoxalement leur poids devrait aller s'allégeant au fil des ans, mais que fait-on en attendant ? On laisse les minots se flinguer le dos ? Les cartables à roulettes ne sont pas une solution, les enfants changeant d'étage entre les différents cours.

Le site Internet du collège n'est pas encore à jour et on ne peut donc pas prendre connaissance des menus proposés à la cantine. Il est impossible de cuisiner plusieurs centaines de repas comme on prépare un repas familial mais, même s'ils ne sont pas majoritaires, la teneur de certains menus m'a comme qui dirait interpellée : hamburger, pizza, ketchup, frites… Tout au long des années de maternelle et de primaire des parents se sont mobilisés pour améliorer la qualité des repas des enfants. Quand j'apprends ce qui a été servi aux ados certains jours je me demande si ce n'est pas balayer ces efforts. Je ne crois pas en outre qu'ils aient besoin de la cantine pour goûter à ce type de nourriture. Le principal a rappelé qu'en tant que parents nous pouvions demander à déjeuner au réfectoire. J'attends de pouvoir prendre connaissance des menus pour le faire. Lui-même y mange quasiment tous les jours, au milieu des enfants, et trouve que les repas sont bons, surtout – pour reprendre ses termes – comparé aux années précédentes où le chef, disposant d'une décharge syndicale, n'était présent qu'à mi-temps.

Si j'ai entendu le mot «respect» à plusieurs reprises j'ai plus souvent entendu les mots «sanction» et «punition» et je trouve ça un peu contradictoire. Il n'est bien sûr pas question de ne pas réagir quand des conneries ont été faites, d'autant que certains peuvent se montrer très inventifs, mais je reste dubitative quant aux vertus des punitions pures et dures. Peut-être réagirais-je autrement si j'étais régulièrement confrontée à ce genre de situation et veiller à la bonne marche d'un tel établissement ne doit pas être évident tous les jours…

Je crois que, dans l'absolu, je suis d'ores et déjà cataloguée parmi les emmerdeuses mais tant pis, j'assume, du moment que ma gamine n'en fait pas les frais…

Etant donné la distance qui nous sépare du collège nous avions inscrit la Demoiselle quatre jours par semaine à la cantine, pensant que le retour à la maison durant la pause ne lui permettrait pas de souffler, mais elle est rentrée déjeuner une fois en raison d'une grève des cuistots et je me suis rendue compte que c'était tout à fait jouable. Il suffit que le repas soit prêt et la table dressée à son arrivée. Nous sommes en train de voir quel jour l'en désinscrire, maintenant, même si je me rends compte des exercices de contorsion que cela risque d'induire pour moi en cas de bouclage ou même, soyons fous, en cas de boulot en poste… Mais elle grandit et il faut bien qu'elle devienne de plus en plus autonome. Elle apprendra à réchauffer ou préparer des choses simples le cas échéant.

Mardi, à son retour d'école, pâle de contrariété, ma Petite Hirondelle m'a avoué que sa trousse avait été visitée. Le butin consiste en deux stylos plume, un quatre-couleurs et une gomme. Le mardi, elle déjeune à l'issue du cours de sport et pour passer rapidement au réfectoire ne dépose pas son sac dans son casier. Si j'ai bien compris il n'est jamais resté seul durant cette tranche horaire. Peut-être est-ce arrivé durant les deux heures de sport, où elle a dû entreposer son sac dans un espace sans surveillance.
Ce ne sont que des choses, pas de grande valeur, même pas neuves hormis la gomme et même pas fantaisie comme tant de jeunes les aiment. Je me demande ce qui a bien pu attirer celui ou celle qui a fait ça. J'en ai parlé le soir, à l'issue d'une réunion compte-rendu du premier conseil d'administration, et il semblerait que les petits sixièmes soient régulièrement la cible de tels méfaits, mais je trouve un peu étrange de considérer ça comme une fatalité, presque comme la norme.

Je suis correctrice depuis 1999 et j'ai à mon actif des milliers de pages de textes médicaux, paramédicaux, juridiques, universitaires. Ce qui m'éclate dans ce boulot c'est de donner leur fluidité aux textes les plus obscurs, mais j'avoue avoir du mal de comprendre la façon dont sont formulés certains énoncés. Je discerne bien le sujet, le verbe et le complément de chaque phrase mais le tout est souvent tellement jargonneux qu'il est impossible de percuter dès le premier coup et la réaction première est souvent légèrement paniquée. Je ne sais pas si je dois en être rassurée mais j'en ai parlé autour de moi et ne suis pas la seule à ressentir cela. Je ne sais pas de quand date ce que j'ai presque envie de qualifier de dérive, où les élèves deviennent des apprenants (enfin, celui-là est peut-être passé à la trape, finalement) et les plans, des schémas rédactionnels.

Dans les deux écoles où j'ai été élue les relations étaient bonnes avec les directeurs, les enseignants et les animateurs. Je découvre avec surprise que les parents d'élèves peuvent être considérés comme des ennemis plutôt que des alliés et cela ne cesse de m'étonner. Il me semble que notre intérêt commun est la bonne marche des écoles et l'instruction des enfants dans les meilleures conditions possibles, avec même une goutte de bien-être dedans quand on peut, et les querelles de chapelles me semblent plutôt malvenues.

Je porterai probablement un autre regard sur la situation (et sur ce texte) d'ici quelques semaines, quelques mois mais, pour l'heure, voici où j'en suis, et je serai contente de comparer avec d'autres expériences, d'autres perceptions des choses…

Hep, z'êtes arrivés jusque-là ?

dimanche 23 septembre 2012

Pouf, pouf

Un professeur de mathématiques est arrivé lundi dernier au matin. Les enfants en ont été avertis à 10h00, mais pas les parents… Le Musicien a fait le pied de grue devant le collège pendant une heure avec d'autres parents (il était moyennement content) car l'emploi du temps a de nouveau été modifié : elle aura dorénavant deux grosses journées en début de semaine, avec une moyenne quotidienne de sept heures et demie de cours les lundis et les mardis, et un reste de semaine presque à mi-temps. Il paraît que ces changements de début d'année ne sont pas rares, de nos jours, et je me dis qu'ils ne doivent pas être toujours évidents pour les enseignants non plus…
Je sais bien que l'école n'est pas une garderie mais que penser de ces demi-journées où une partie des préados se trouvera livrée à elle-même ? Avec un peu de chance la Demoiselle mettra ce temps à profit pour se dégager les samedis et dimanches. Pour l'instant la tentation est grande de plutôt se plonger dans une lecture plaisir…

Lundi soir nous avons trouvé un mot dans le carnet de liaison. Daté du 7 septembre il demandait une petite somme pour un cahier d'exercices de maths à remettre… dès le lendemain. Je ne sais pas pourquoi on a attendu ces deux semaines pour nous le transmettre ; pour le cas où ce nouveau professeur aurait préféré un autre support ? Si l'on en croit ce message le fascicule en question est de toute façon utilisé cette année par tous les profs de maths de l'établissement, de la 6e à la 3e, et décision en avait été prise dès la prérentrée.

Ses cours du mardi débutent une semaine sur deux à 8h00. Ce mardi-ci son groupe devait commencer à 9h00 mais  avait été convoqué à 8h20 pour la photo de classe. Finalement la prise de vue n'a pas eu lieu et on a demandé aux filles d'arriver mercredi vêtues d'une jolie robe et aux garçons de porter un costume (dixit la Demoiselle). Je comprends bien la finalité de la demande, que les enfants s'apprêtent un peu, mais que dire de la façon dont elle leur été transmise ? Surtout que, au final, quasiment tout le monde était en pantalon.

Heureusement la Demoiselle garde le sourire ; elle à qui il fallait jusqu'ici tirer les vers du nez pour savoir comment s'étaient passées ses journées est devenue presque loquace et nous relate régulièrement des anecdotes. L'apprentissage des langues semble lui plaire grandement et, ça aussi, c'est un bon point.

La réunion de début d'année doit se tenir en fin de semaine prochaine. J'espère bien sûr en savoir un peu plus sur les conditions et la façon dont se déroulera l'année scolaire.

lundi 17 septembre 2012

Presque

Les casiers ont été attribués. Ils ne seront accessibles qu'à l'heure du déj.


***
Elle avait un emploi du temps qu'on trouvait plutôt bien pensé et clair : dense, sans creux entre deux cours, mais elle ne terminait tard que le mardi et commençait à neuf heures le lendemain, avec trois cours alternés une semaine sur deux. Ces derniers fonctionnaient par demi-groupes ; pendant que l'un suivait une matière A, l'autre en suivait une B – cet ordre s'inversant donc la semaine suivante. À nos yeux de parents il semblait cohérent et confortable pour les enfants mais les enseignants des matières concernées ont trouvé qu'il créait un décalage dans les apprentissages entre les deux groupes et il a été modifié.
À partir d'aujourd'hui elle commence tous les matins à huit heures, sauf un mardi sur deux et les jeudis. Si elle termine à 14h30 un jeudi sur deux (avec par ailleurs deux cours alternés le même jour) et tous les vendredis, ses journées d'école prennent fin à 16h30 les lundis et à 17h30 les mardis, toujours sans heures creuses.
Quant aux cours alternés, il y en a un supplémentaire et ils ne s'articulent plus de la même manière pour moitié. Durant deux d'entre eux, le demi-groupe A suit une matière une semaine sur deux pendant que le B en suit une autre, et la semaine suivante la classe entière suit encore un autre enseignement. On verra ce que ça donne à l'usage mais, visuellement, c'est tout sauf évident à décrypter. Ce billet me sert d'ailleurs de topo parce qu'il y a vraiment de quoi s'emmêler les pinceaux et j'espère que ce nouveau rythme ne sera pas trop fatiguant pour elle. J'écris «elle» mais bien sûr je pense à toute sa classe et aux autres dont les emplois du temps ont forcément été modifiés.
Ç'a failli être bien, quoi.
J'ai vraiment hâte que la réunion de début d'année se tienne, ne serait-ce que pour tenter de mieux comprendre comment tout cela fonctionne, parce que, pour le moment, cela m'agace passablement.

mercredi 12 septembre 2012

Sous toutes les coutures

Je crois bien m'être lancée là-dedans pour elle autant que pour moi, histoire de me prouver  que je saurais faire, que j'y arriverais.


Je lui voulais une rentrée aussi douce que possible.


Elle s'est tout d'abord montrée réticente concernant les protège-cahiers, mais les a finalement adoptés. L'usage dira s'il faut en surpiquer le tour.


Recto.


Verso.
Vue d'ensemble (pour ne pas faire mentir le titre de ce billet).

Je n'avais pas d'idée précise quant à ce que j'en ferai quand j'ai commencé à assembler ces bouts de tissus. Je savais seulement que j'aimais bien le voisinage de certaines teintes, certains motifs. L'idée de conserver une trace de tous ces coupons me plaisait aussi. La plus petite de ces deux couvertures a été cousue en premier, un prototype en quelque sorte, et s'est avérée trop juste pour les cahiers de format standard mais elle convient à un A5. Peut-être la garderai-je pour moi…


Elle était en revanche contente pour les trousses, même si au départ moyennement convaincue par la doublure de celle en batik. Elle a commencé par dire : «Ce n'est pas grave, ça restera de toute façon à l'intérieur» mais, une fois terminée, j'ai vu son visage s'illuminer.


Elle m'en demandait une pour ses stylos depuis plus d'un an, je lui ai fait la surprise d'une deuxième, pour ses crayons de couleur, en remplacement de la précédente dont les teintes étaient un peu passées.


Si je ne suis sûrement pas aussi habile que certaines dans le maniement des chutes je me suis tout de même bien amusée…

mardi 11 septembre 2012

Chagrin d'école

  • Elle dit que c'est trop loin
  • Que ça commence trop tôt
  • Qu'il y a trop de devoirs. Je ne sais pas si cette cadence se maintiendra ou si les enseignants en donnent autant pour évaluer le niveau des enfants en ce début d'année mais elle a travaillé quelque trois heures chaque soir depuis jeudi. Comme elle est consciencieuse elle ne laisse pas  le travail s'accumuler et l'accomplit au fur et à mesure, en tandem avec son amie de toujours ; comme elle est anxieuse et qu'elle se fixe la barre très haut je crois qu'elle a eu peur de ne pas y arriver. Heureusement pour elles les deux complices avaient tout bouclé vendredi soir et ont pu souffler ce weekend, mais cela sera-t-il possible toutes les semaines ? À ce rythme-là elles dépasseront allègrement les quarante heures de travail hebdomadaire. Certes, ce n'est ni l'usine ni la mine mais est-il raisonnable d'imposer de tels horaires à des enfants ? Qu'en sera-t-il de ceux qui rencontrent des difficultés scolaires ? Ne se sentiront-ils pas d'autant plus largués ?
  • Le cartable est trop lourd et il n'y a nulle part où le poser durant les récrés – il pèse bien plus de dix kilos et elle-même oscille entre vingt-neuf et trente kilos toute mouillée. On nous avait annoncé que les sixièmes disposaient de casiers où laisser/délester leurs sacs. Il semblerait qu'ils soient réservés aux élèves handicapés. Je lui ai suggéré de le laisser près de la salle où doit se dérouler le cours suivant mais elle craint que ses affaires soient «visitées». La prof de maths est  «absente jusqu'à nouvel ordre» et je me demande ce que ça donnera quand elle sera là, question volume de travail comme de sac à dos
  • Elle voudrait retrouver son ancienne école 
  • Elle ne veut plus aller au collège mais étudier à la maison. Que les copines profs ne m'en veuillent pas mais je le ferais si je m'en sentais la carrure
Il fallait bien qu'elle évacue les émotions de ces derniers jours, sans parler de la fatigue, mais ces larmes et ce désespoir, oh ces larmes et ce désespoir…

mercredi 5 septembre 2012

Mardi matin

Ces deux-là se sont connues à la garderie. Elles ont fréquenté la même maternelle mais n'ont jamais été dans la même classe. Elles ont été séparées durant les cinq années d'élémentaire mais, toujours, il leur fallait se retrouver à un moment ou un autre. La grande est partie de décembre à juin dernier aux Amériques (oui, oui, au pluriel) et elles se sont écrit autant que possible.

Malgré la différence de taille elles n'ont que six mois d'écart.

Elles sont dans la même classe cette année, et nous les avons accompagnées pour leur première matinée au collège. Hier soir le Musicien a demandé à sa fille si elle voulait qu'il l'emmène aujourd'hui. «Si tu veux…», fut la réponse. Ce matin les deux papas ont de nouveau accompagné leurs filles mais à cinquante mètres du collège les demoiselles leur ont fait comprendre que là s'arrêtait leur chemin…

samedi 30 juin 2012

Une bonne nouvelle…

La lettre d'affectation de la Petite Hirondelle est arrivée : elle est inscrite dans la classe bilangue qu'elle souhaitait. Nous avions, dans un premier temps, demandé une dérogation pour le collège voisin mais aucune n'a été accordée cette année. Entre-temps, la perspective de l'apprentissage de la langue proposée par celui-ci l'enchantant de moins en moins, lorsque la réponse négative est arrivée elle m'a dit préférer la filière proposée par son collège de secteur. Nous n'avons donc pas fait appel de la décision et, depuis mardi dernier, pas un jour ne s'est écoulé sans qu'elle me demande si la réponse était arrivée. Elle est d'ores et déjà tout excitée à la perspective de la prochaine rentrée. À dire vrai je crois bien ne l'avoir jamais vue aussi joyeuse pour ce motif depuis son entrée en maternelle.
Ce collège a souffert d’une mauvaise réputation (justifiée ou pas, je n’en sais rien) durant pas mal de temps mais un nouveau proviseur est arrivé il y a quelques années et, depuis, l’équipe est réputée motivée et dynamique. Le taux de réussite au brevet n'y est pas très élevé mais en constante augmentation et régulièrement des élèves issus de cet établissement intègrent des lycées de renom. Comme il est classifié en Zep, les classes n'y sont pas surchargées et beaucoup de projets et d'activités sont proposés, en plus des apprentissages «classiques». J'ai entendu dire que de plus en plus de demandes de dérogation y étaient déposées. Je ne m'inquiète pas outre mesure pour ses résultats scolaires, elle a toujours fait partie du groupe de tête de sa classe. J'espère juste que ce collège sera une chance pour elle de moins s'ennuyer à l'école et, oui, pourquoi pas, qu'elle s'y épanouira.


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mercredi 27 juin 2012

De l'inscription en sixième

Notre arrondissement étant l'un des plus peuplés de Paris, il accueille pas mal d'établissements scolaires. Dans notre coin se trouvent une école polyvalente et un collège à un jet de pierre chacun. La résidence et une rue à traverser pour la première, même pas dix minutes de marche pour le second.
Les hasards de la sectorisation font que la Demoiselle n'a fréquenté la première qu'en maternelle (avant qu'elle devienne polyvalente) et passé les cinq années suivantes à près d'un quart d'heure de marche de la maison. De même, parce que ç'aurait été trop simple, le collège dont elle relève est situé quant à lui à quelque vingt minutes de marche, au bord du périph et près des Maréchaux, face aux Mercuriales (avec leurs antennes) et pas loin de l'échangeur de l'autoroute A3. Je n'ai pas pu trouver ce qu'il en est exactement de nos jours mais c'était l'un des endroits les plus pollués de la ville il n'y a pas si longtemps. Maints groupes scolaires et crèches sont implantés entre périph et Maréchaux et je me demande  régulièrement quel esprit tordu a imaginé de les bâtir là. Certes, nombre d'entre eux existaient déjà lorsque le périph a été construit mais d'autres sont, me semble-t-il, postérieurs à sa mise en service (et je suis fort aise de découvrir que la chose ne préoccupe pas que moi, mais j'aimerais bien qu'on trouve une solution)…
Comme seule une poignée d'enfants de son école rejoint cet établissement à chaque rentrée (quatre en septembre prochain), nous n'avons été prévenus d'aucune réunion d'information. Quand j'ai appelé en mars dernier pour m'en enquérir j'ai appris qu'une journée portes ouvertes s'y était tenue quelques semaines plus tôt, en tout début d'année. Il a donc fallu prendre rendez-vous pour en savoir un peu plus.
De même, j'ai appris que les profs de langues sont passés dans les écoles pour présenter leur matière aux enfants de façon à les aider à choisir leur(s) option(s) linguistique(s). Mais ils sont uniquement passés dans celles d'où viennent la plupart de leurs futurs élèves. 
Le dossier d'inscription nous a été transmis lundi dernier au soir. Il fallait le rendre le lendemain avant 16h30, avec cinq photos d'identité en plus d'un certain nombre de justificatifs, quand le collège voisin accordait un délai plus long. Bon, bon, une fois sur place j'ai appris que dans les faits ils accordaient plus de temps au rendu des dossiers et que cette date n'était indiquée que pour être sûrs d'avoir tous les documents en temps et heure mais j'ai tout de même trouvé le procédé moyen. Quid des parents qui ne sont pas au courant de la nuance mais n'ont pas tous les éléments requis sous la main ou ne peuvent se libérer dans la fourchette horaire indiquée ?
Ignorante de ces subtilités, me voici donc au collège dès le lendemain après-midi, avec tous les documents requis. Sauf que la confirmation d'affectation émise par le rectorat n'était pas arrivée chez eux, et la Demoiselle ne figurait pas dans leurs listes. On me suggère de me rendre au rectorat pour demander le papier-qu'il-faut puis de prendre rendez-vous avec le proviseur. Mercredi, je passe une bonne partie de la matinée à tenter de joindre le rectorat : je me dis que si je m'y présente directement les chances pour que je reparte avec sont à peu près nulles ; autant leur demander par téléphone de me le préparer. Après plus d'une heure et alors que je me dis que je vais finir par y aller, j'arrive à joindre quelqu'un, qui me confirme l'inscription de la Demoiselle mais refuse de me le fournir parce qu'il est destiné au seul collège. Fin de la conversation. J'appelle le collège pour expliquer la situation et demander à voir le proviseur (et ça prend encore plusieurs coups de fil avant d'arriver à le joindre), qui me propose de passer le lendemain mais me demande de téléphoner avant pour m'assurer qu'il est bien dans les locaux.
Le lendemain, on trouve un exemplaire de la lettre d'affectation du rectorat au courrier. Parfait pour valider l'inscription, me dis-je (tout en m'étonnant : n'était-ce pas au collège de le recevoir ?), mais pas moyen de joindre le proviseur. Après plusieurs appels et messages laissés, c'est lui qui finit par rappeler mais il est près de 16h30. Il me propose cette fois encore de passer le lendemain, vendredi, mais je suis de journée olympique… Rendez-vous est donc pris pour ce lundi.
Lundi matin, le roi, sa femme, le Musicien et moi retournons au collège. Je m'étais déjà étonnée de n'avoir rien vu passer concernant les options et il s'avère que cet élément-là aussi manquait au dossier. La commission d'attribution des classes siégeant le lendemain dès 9h00, il faut cette fois-ci rédiger une lettre de motivation et si on peut l'accompagner d'une copie du livret scolaire de la Demoiselle, c'est encore mieux : il y a cent demandes pour vingt-cinq places dans la classe convoitée. Mais il est près de midi, trop tard pour contacter l'école et demander copie dudit livret. Retour à la maison, préparation de la lettre, appel à l'école pour m'assurer que je peux passer et hop, trotte, trotte, cavale, cavale, ma fille. Il est 13h45 quand j'arrive. Le directeur me reçoit entre deux rendez-vous, mais il n'a aucun livret de l'année en cours dans son bureau : les profs les gardent dans leurs classes. Il faut attendre 15h00, l'heure de la récré, pour récupérer celui de la Demoiselle.
Les livrets ne sont pas encore entièrement complétés mais la maîtresse a déjà mis son appréciation dans le «nôtre», à laquelle elle ajoute une recommandation pour la classe espérée. Elle m'en fait copie et me laisse l'original, au cas où…
Trotte, trotte, cavale, cavale, ma fille, et dépose ton dossier, cette fois-ci il est bien complet.
Réponse en fin de semaine.
Az, tu parlais l'autre jour de karma pourri. Je me pose régulièrement des questions quant à la fraîcheur du mien…