samedi 23 mars 2013

The me bird, l'Oiseau-moi, El pájaro yo



Je n'ai pas trouvé la traduction française du poème de Pablo Neruda qui a donné son nom à ce film, titré en anglais, seulement sa version originale – et après bien des recherches, d'ailleurs. Peut-être existe-t-elle – sûrement même – mais, aussi intimidant que cela soit, à partir de sa version anglaise, et au risque de me ridiculiser, je m'y suis collée…

I am the Pablo Bird,
bird of a single feather,
a flier in the clear shadow
and obscure clarity,
my wings are unseen,
my ears resound
when I walk among the trees
or beneath the tombstones
like an unlucky umbrella
or a naked sword,
stretched like a bow
or round like a grape,
I fly on and on not knowing,
wounded in the dark night,
who is waiting for me,
who does not want my song,
who desires my death,
who will not know I'm arriving
and will not come to subdue me,
to bleed me, to twist me,
or to kiss my clothes,
torn by the shrieking wind.
That's why I come and go,
fly and don't fly but sing:
I am the furious bird
of the calm storm.

Je suis l'oiseau Pablo,
l'oiseau d'une unique plume,
qui vole dans l'ombre claire
et l'obscure clarté,
mes ailes ne sont pas vues,
mes oreilles retentissent
quand je marche entre les arbres
ou sous les tombes
comme un parapluie malchanceux
ou une épée nue,
tendu comme un arc
ou rond comme un grain de raisin,
je vole encore et encore ne sachant pas,
blessé dans la sombre nuit,
qui m'attend,
qui ne veut de ma chanson,
qui désire ma mort,
qui ne saura pas que j'arrive
et ne viendra pas me soumettre,
me saigner, me tordre,
ou embrasser mes habits,
lacérés par le vent hurlant.
C'est pourquoi je vais et viens,
vole et ne vole pas mais chante :
je suis l'oiseau furieux
de la calme tempête.

On dit traduttore, traditore ; j'espère malgré tout avoir respecté l'esprit de ses vers…

El pájaro yo
(Pablo Insulidae Nigra)

Me llamo pájaro Pablo,
ave de una sola pluma,
volador de sombra clara
y de claridad confusa,
las alas no se me ven,
los oídos me retumban
cuando paso entre los árboles
o debajo de las tumbas
cual un funesto paraguas
o como una espada desnuda,
estirado como un arco
o redondo como una uva,
vuelo y vuelo sin saber,
herido en la noche oscura,
quiénes me van a esperar,
quiénes no quieren mi canto,
quiénes me quieren morir,
quiénes no saben que llego
y no vendran a vencerme,
a sangrarme, a retorcerme
o a besar mi traje roto
por el silbido del viento.
Por eso vuelvo y me voy,
vuelo y no vuelo pero canto:
soy el pájaro furioso
de la tempestad tranquila.



Connaître la façon dont a été fabriqué ce film n'ôte rien à sa magie…

4 commentaires:

Hélène a dit…

Quel beau billet ! Le poème original est captivant et ta traduction ne trahit certes pas l'esprit original. Les deux petits films sont en soi deux petites œuvres d'art. J'ai beaucoup aimé, merci.

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
papelhilo a dit…

je n'avais pas lu depuis un certain temps (honte sur moi) tes posts, en tout cas rien ne me choque ici !

Dorémi a dit…

Merci les copines !