jeudi 28 mars 2013

Les Utopies concrètes


La semaine passée s'est tenu à Montreuil-sous-Bois le premier festival de la Récup, organisé par le Festival des utopies concrètes. Montreuil n'est pas très éloigné de chez nous mais pas suffisamment proche pour nous permettre de participer aux événements organisés en semaine. J'avais prévu de m'y rendre samedi avec ma Demoiselle mais elle s'était concocté un autre programme. Je m'étais dans un premier temps dit que j'irais tout de même, ne serait-ce que pour participer à la Disco Soupe, mais je suis finalement restée au chaud à la maison. Nous avions déjà participé à l'une d'elles en novembre dernier, organisée à l'espace de cotravail Mutinerie, après avoir contribué à réparer et re-parer Noël
Dimanche après-midi, tandis que les grands progressistes  de ce pays (j'déconne, hein, je préfère préciser), ceux qui croient encore que l'homosexualité est une perversion ou un choix, défilaient pour s'opposer à un truc qui n'affectera en rien leur quotidien, nous nous y sommes rendues, avec l'une des amies «canal historique» de la douce.

Tissages de bandelettes de tissus mais aussi de papier journal ou de papier toilette…
Maquillage à l'argile et aux pigments naturels.

Au programme, parmi d'autres, un atelier «qui cartonne», un atelier maquillage et un de tissage de lirettes auxquels j'aurais bien participé mais nous sommes arrivées lors d'un temps à peu près creux et je me suis embraquée en cuisine car là se tramaient des choses. Un peu plus tard une dame a réalisé avec les enfants de fort gracieux chapeaux uniquement à partir de matériaux de récup comme les alvéoles ou la mousse qui garnissent les caisses de fruits un peu fragiles. Je n'en ai malheureusement pas de photo…

 Joyeux désordre en coulisses…
 
Une infime partie des retours du marché.


Selon le principe de la Disco Soupe des participants se sont rendus au marché de la Croix-de-Chavaux y récupérer fruits et légumes qui auraient autrement terminé à la benne. Ils y sont allés à trois reprises et je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'ils n'ont pas tout rapporté.



Étonnamment peu de choses de saison, dont des tomates, des courgettes, des aubergines à ne savoir qu'en faire, sans parler des fraises et des bananes, du raisin, des prunes et des agrumes. Il y avait une telle profusion de denrées que nous n'avons pu tout utiliser. Pourtant, les filles, accompagnées d'une troisième acolyte et sans compter les adultes qu'elles ont entraîné avec elles, ont préparé pas moins de dix tartes sucrées en suivant les directives de Clotilde, la cuisinière du CASA Poblano. Il y a aussi eu du gratin de courgettes, deux marmites pleines de sauce tomate pour accompagner pâtes ou semoule, de la ratatouille, des tartes salées, de la compote de fraises et de bananes et j'en oublie. Ça n'était ni bio ni local mais fait maison et avec entrain !

La buvette, également prise en charge par les filles.

Les trois louloutes ont si bien participé qu'elles sont invitées à toutes les activités qu'organisera Comme vous émoi, l'espace qui a prêté ses murs aux événements du jour, jusqu'à la fin de l'année !

L'îlot de ressources, pour donner une seconde vie à des choses
dont on n'a plus l'usage et réduire ses déchets…

Végétaliser ses murs avec recupcrea


Mur de cagettes, à végétaliser.


 
Système maison de filtration d'eau.

Dans l'après-midi s'est aussi tenu un débat sur la réduction des déchets auquel je n'ai que peu assisté, prise que j'étais en cuisine. J'aurais pu mais j'ai choisi de ne pas laisser ce que j'avais entrepris en  plan. Egalement d'autres ateliers que je n'ai pas vus, toujours car j'étais en cuisine mais ce n'est pas grave, il était plaisant de faire partie d'un tout et l’ambiance était très sereine… 
Comme il n'est pas rare de rencontrer les mêmes personnes aux mêmes endroits, j'ai croisé sur place la sœur d'une vieille copine et mon ancien collègue, le même qui était venu depuis les Yvelines lors de la vente de Noël… Nous sommes rentrées après que les papas nous aient rejointes et aient goûté nos préparations. Le temps d'arriver à la maison notre Inépuisable ne tenait plus debout et a rejoint Morphée sitôt sa douche prise.

7 commentaires:

Helene a dit…

Mère d'une des 3 filles en cuisine, j'ai vraiment passé un excellent dimanche (le samedi aussi était super, avec les cabanes proliférantes encagettes et les réalisations avec des sacs plastiques et un crochet, à Croix de Chavaux!)
Ma fille (12 ans ) a passé sa journée entre la récup du marché et la cuisine (je ne l'ai jamais vu aussi active et à son aise avec des adultes!) et mon fils (6 ans) a rempli son apres midi entre le tissage de tissus de récup (lirette), les cagettes, l'atelier confection de chapeaux et déguisements tout en récup, et l'ilot central avec des jouets à volonté...
Nous sommes rentrés fourbus, mais joyeux et le coeur léger de toutes ces belles rencontres et beaux moments passés ensemble!
Hélène

Dorémi a dit…

Mais… On se connaît (indirectement:-) Je suis inscrite au groupe Yahoo en sommeil Compact et aussi à FreeCycle…
Voilà qui confirme encore mon dernier paragraphe :D

Coline a dit…

peut-être que
s'il y avait si peu de produits de saison
c'est que
finalement
les gens finissent par délaisser un peu ce qui ne l'est pas.
Alors peut-être que les choses se modifieront ainsi doucement
comme ça
par la loi de l'offre et de la demande ?
qu'à force d'en jeter
les marchands en proposeront moins ?

Dorémi a dit…

Je me suis demandé si les maraîchers proposaient des fraises et des tomates au mois de mars parce que ça correspondait à une vraie demande ou si simplement eux aussi avaient été formatés par la grande distribution.
J'ai bien peur que la deuxième réponse soit la bonne…
Je me suis aussi demandé s'il y aurait moins de déchets avec des denrées de saison.
En même temps, j'ai depuis longtemps perdu l'habitude d'acheter des tomates en hiver mais j'adore la cuisine méditerranéenne, qui en emploie plein, et, la première, je ne me pose pas trop ce genre de question devant une assiette de mezzés:-)
Ah si, je me suis demandé comment ils faisaient au Liban, si leurs saisons les obligeaient à varier leur gastronomie autant que nous et, dans ce cas, pourquoi on trouvait toujours à peu près les mêmes choses ici…

papelhilo a dit…

géniale cette initiative, j'adore tout spécialement le repas de "déchets", c'est dingue ...

Hélène a dit…

Qu'a-t-on fait des restes de restes ?

(Je ne sais pas s'il existe de telles initiatives ici, quoique je n'en serais pas surprise. Je ne crois pas cependant en avoir entendu parler. Il est certain que la catalogne, ici, touche parfois à l'artisanat.)

Dorémi a dit…

Les restes ont été répartis entre les gens présents au moment de la fermeture mais comme on est partis un peu avant je ne sais pas s'ils ont réussi à tout donner…