samedi 6 décembre 2014

Coquelicot

«C'est un cri, c'est un appel, c'est un mot de joues rouges et de course folle dans les blés, de mollets piqués par les chardons, de roulades et de cul par-dessus tête dans le fossé.
C'est un mot claquant, insolent, cueille-moi si tu l'oses, je me fanerai aussitôt mais regarde : je suis légion. Je pousse et je re-pousse, et dans cette flaque rouge tu ne sais plus où poser les yeux. Coquelicots, cavalcade, concours à qui sera le plus rouge, tes joues ou moi.

On en faisait des poupées. On cueillait une fleur, sa tige bien longue, et puis après avoir rabattu et noué d'un brin d'herbe sa jupe de soie écarlate, on passait un bout de la tige pour la piquer en travers du corselet, comme des bras maigres, petite danseuse, marionnette fragile qui ne durait que le temps du plaisir.»

Coquelicot
et autres mots que j'aime
Anne Sylvestre
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6 commentaires:

Hélène a dit…

Il ne pousse pas de coquelicots chez moi. Quand j'ai vu mon premier champ de coquelicots, en vrai, j'en ai frémi.

Superbe ce texte, qu'on croirait jailli comme ça, sauf qu'on sait.

…qui ne durait que le temps du plaisir.

Dorémi a dit…

Oh oui, ça devait être quelque chose… Je n'imaginais même pas qu'il n'y en ait pas dans certains endroits du globe.
As-tu jamais goûté des bonbons ou du confit de coquelicots ?

zazimuth a dit…

J'ai demandé ce livre au Père-Noël^^
J'ai aussi été impressionnée par l'oeuvre installée à Londres avec des coquelicots en céramique...

Hélène a dit…

Tu veux dire que le coquelicot, ça se mange ? Non, je ne savais pas.

Dorémi a dit…

@ Zazimuth : je me doutais que tu te procurerais ce livre:-)
Oui, ces coquelicots, hommage à tous ces jeunes homme sacrifiés…

Dorémi a dit…

@ Hélène : oui, on en fait des bonbons apaisants pour la gorge et des confits, un délice absolu :-)