jeudi 15 novembre 2012

Le Récit de Gilgamesh




Je serais curieuse de savoir si la personne qui a eu l'idée de mettre Le Récit de Gilgamesh au programme de français des classes de sixième a des enfants ou, au moins, les connaît… Ce texte est également évoqué au programme d'histoire : il fait l'objet d'un passage dans le manuel et si je trouve chouette que l'on fasse concorder les programmes de plusieurs matières (je n'ai pas souvenir de cela, «de mon temps»), il n'en reste pas moins que les loupiots ne sont pas en mesure d'en évaluer l'importance, il n'a pas été écrit à l'intention d'un lectorat de leur âge – même si on sait que certains voient des choses qui ne leur sont absolument pas adaptées (un instit m'avait raconté  que certains petitous de 6 ans avaient déjà vu des films pornos, sans parler de ce qu'affichent les façades des marchands de journaux).
Quelle est la marge de manœuvre des enseignants ? Peuvent-ils, tout en restant dans les clous, choisir un ouvrage plutôt qu'un autre ? Si oui, pourquoi prendre celui-là ? À imposer aux enfants des lectures qui ne leur sont pas adaptées ne risque-t-on pas de les dégouter de la lecture en général ou même de leur ôter toute envie de découvrir des choses par ce biais ?
Si la présentation de l'éditeur n'est pas fausse elle est cependant bien gentillette, pour ne pas dire édulcorée, concernant certains passages.
La Demoiselle l'a eu à lire et à résumer, tablette par tablette, durant les dernières vacances. Autant dire qu'elle ne s'est pas vraiment détendue. Et comme elle a détesté, elle a fait traîner les choses en longueur… J'ai demandé autour de moi comment s'étaient déroulées les vacances, avec ce livre, et les réponses obtenues allaient toutes dans ce sens.
Lundi la prof s'est assurée que les résumés avaient bien été rédigés mais n'a pas relevé les copies (et étant donné la longueur du devoir demandé, relire vingt-cinq fois  la même chose plus ou moins bien écrite… je ne lui jette pas complètement la pierre, d'où ma question concernant le choix des ouvrages). Ils ont oralement résumé les différentes tablettes et elle en a profité pour leur préciser des choses durant ce cours et le suivant (soit deux heures), et puis c'est tout. Du moins pour l'instant. Ils sont déjà passés à autre chose, en l'occurrence l'Ancien Testament et le Coran. Peut-être compareront-ils plus tard certaines légendes et techniques narratives ? En attendant, la Demoiselle en avait un peu gros sur la patate : «J'aurais aussi bien pu écrire n'importe quoi…», a-t-elle dit.
Mon mauvais esprit se demande si c'est une façon de préparer les enfants à ce qui les attend plus tard, en tant qu'adultes, vous savez, quand on se décarcasse pour pas grand-chose à l'arrivée…

Le Récit de Gilgamesh
Coll. «Classiques abrégés»
L'École des loisirs

Je précise, s'il le faut, que je ne cherche pas à charger la prof, je me pose réellement ces questions. Après tout, en tant que parent, je fais aussi mon entrée en sixième…

4 commentaires:

Hélène a dit…

par exemple pour monobloguer ?

Coline a dit…

comme je l'ai écrit dans un précédent com :
bienvenue au collège !
Sinon
oui
ils ont le choix, dans une liste.

Hélène a dit…

Je reviens pour faire remarquer que je suis toujours un peu surprise qu'on choisisse de faire lire, au cours de français, des œuvres traduites. C'est aussi comme ça, chez moi. Je comprends tout à fait le concept de la découverte du monde et des autres civilisations, mais ça ne m'empêche pas de m'interroger. J'ai déjà eu à lire Steinbeck en classe de français (j'étais plus vieille que Margot, ça va sans dire), et je me souviens de discussions assez hallucinantes sur le langage des personnages, discussions à partir d'un texte traduit.

Dorémi a dit…

Je suis assez d'accord avec toi, dans l'absolu. Mais on peut aussi se dire qu'on étudie des œuvres littéraires en cours de français…
Et puis je crois que c'est aussi l'adulte et traductrice, qui cause, là :-)