mardi 11 septembre 2012

Chagrin d'école

  • Elle dit que c'est trop loin
  • Que ça commence trop tôt
  • Qu'il y a trop de devoirs. Je ne sais pas si cette cadence se maintiendra ou si les enseignants en donnent autant pour évaluer le niveau des enfants en ce début d'année mais elle a travaillé quelque trois heures chaque soir depuis jeudi. Comme elle est consciencieuse elle ne laisse pas  le travail s'accumuler et l'accomplit au fur et à mesure, en tandem avec son amie de toujours ; comme elle est anxieuse et qu'elle se fixe la barre très haut je crois qu'elle a eu peur de ne pas y arriver. Heureusement pour elles les deux complices avaient tout bouclé vendredi soir et ont pu souffler ce weekend, mais cela sera-t-il possible toutes les semaines ? À ce rythme-là elles dépasseront allègrement les quarante heures de travail hebdomadaire. Certes, ce n'est ni l'usine ni la mine mais est-il raisonnable d'imposer de tels horaires à des enfants ? Qu'en sera-t-il de ceux qui rencontrent des difficultés scolaires ? Ne se sentiront-ils pas d'autant plus largués ?
  • Le cartable est trop lourd et il n'y a nulle part où le poser durant les récrés – il pèse bien plus de dix kilos et elle-même oscille entre vingt-neuf et trente kilos toute mouillée. On nous avait annoncé que les sixièmes disposaient de casiers où laisser/délester leurs sacs. Il semblerait qu'ils soient réservés aux élèves handicapés. Je lui ai suggéré de le laisser près de la salle où doit se dérouler le cours suivant mais elle craint que ses affaires soient «visitées». La prof de maths est  «absente jusqu'à nouvel ordre» et je me demande ce que ça donnera quand elle sera là, question volume de travail comme de sac à dos
  • Elle voudrait retrouver son ancienne école 
  • Elle ne veut plus aller au collège mais étudier à la maison. Que les copines profs ne m'en veuillent pas mais je le ferais si je m'en sentais la carrure
Il fallait bien qu'elle évacue les émotions de ces derniers jours, sans parler de la fatigue, mais ces larmes et ce désespoir, oh ces larmes et ce désespoir…

10 commentaires:

zazimuth a dit…

Aïe ! ça me fait de la peine... mais je ne veux pas croire que tous les collèges soient comme ça... Gros bisous à toutes les deux.

Dorémi a dit…

Je n'ai pas vraiment moyen de comparer alors j'attends que les choses se décantent un peu…
J'espère que la réunion de début d'année, qui ne saurait tarder, nous permettra d'y voir un peu plus clair.
Je t'embrasse aussi.

Plouf_le_loup a dit…

Aïe !
Le plus sage est certainement, en effet, d'attendre un peu un début de décantation. Parfois la simple déstabilisation de la nouveauté, d'autant plus quand elle est cumulée avec la fatigue, suffit à avoir envie de lâcher, puis cette envie s'efface...
Sinon pas de panique : il ne faut pas une "carrure" pour instruire en famille. ce raisonnement ne tient qu'en voulant rester rivé au programme ET sans cours par correspondance...

Cécile a dit…

J'espère que la miss trouveras vite une bonne motivation qui lui fera oublier la distance, le poids du cartable etc ;p

Dorémi a dit…

Merci les filles pour tous vos gentils mots. Elle a heureusement rapidement retrouvé le sourire, mais on reste attentifs…
J'ai appelé le collège pour connaître le fin mot de l'histoire concernant les casiers et c'est tout simple : une partie des 6es de l'an dernier n'a pas rendu ses clés alors, dans un premier temps, les casiers disponibles ont effectivement été attribués aux élèves qui en avaient besoin en priorité mais tout cela devrait rentrer dans l'odre d'ici la fin de cette semaine…
Pour le cartable, elle ne le porte pas durant le trajet mais la journée est longue quand tu dois te coltiner un tel poids à chaque fois que tu te déplaces. J'aimerais bien savoir pour quelle raison au collège les enfants doivent aller de salle en salle. N'y aurait-il pas moyen de leur en attribuer une principale, avec un casier à leur nom ? Je crois pourtant que ça se pratique dans d'autres pays…
Et puis bien sûr, le nouveau rythme, la pression, des choses qui ne vont pas comme elle aurait cru.
Ça fait effectivement beaucoup au bout du compte.

Dorémi a dit…

@ Plouf : et comment tu fais quand tu dois expliquer un truc que toi-même tu ne comprends pas ?

Isa LISE a dit…

Ouf pour les casiers ! Ici notre jeune accueillie dispose de son casier et elle est pourtant plus âgée ! Quant aux salles de classe, effectivement tout dépend des pays... Je n'ai jamais compris pourquoi les enfants devaient courir d'un endroit à l'autre...

Quant à la "carrure", je suis tout à fait d'accord avec Plouf. Et pour répondre à ta question : si tu as choisi des cpc, les enfants peuvent communiquer avec des professeurs. Sinon, ne pas oublier que nous apprenons avec eux (exemple : une miss vient de m'appeler à l'instant afin que je vienne relire une langue que je ne connais pas !) et qu'il est possible de trouver des explications sur le net ou même dans les corrigés. ;)

Dorémi a dit…

@ Isa : ma Petite Plume m'a donné un papier à signer hier soir quant à ces casiers. Il s'avère qu'ils sont réservés aux seuls demi-pensionnaires (ce qu'elle est) et exclusivement à l'heure des repas. Une fois que les enfants y ont déposés leurs affaires ils ne peuvent rien y prendre avant la fin de la pause. Qu'est-ce que tu fais si tu as besoin d'y récupérer quelque chose pendant ce temps ?
Dans un registre pas si éloigné, les enfants vont à la piscine deux heures chaque semaine. Ils doivent prendre leurs sacs d'école avec eux et le laisser dans le car qui les y emmène.
J'ai comme l'impression qu'il y aurait moyen de faire les choses plus simplement, plus logiquement, non ?

Dorémi a dit…

@ Isa : j'avoue que j'ai un souvenir assez mitigé concernant les cours par correspondance, en ayant moi-même suivi durant mon séjour américain. Je me souviens que j'étais bien seule, que jamais je n'ai eu de contact avec aucun enseignant et que ça représentait un sacré boulot, qui venait s'ajouter à mes longues journées de fille au pair (je ne sais pas comment cela se passe maintenant mais à l'époque ça revenait plus ou moins à être la bonne selon les familles sur lesquelles on tombait puisqu'aucun texte pour protéger ce statut, aucun accord entre la France et les Etats-Unis n'existait). C'est comme ça que j'ai arrêté le lycée. Mais c'était bien avant l'arrivée de l'Internet dans les foyers. Les choses ont effectivement dû évoluer de ce côté-là.

Isa LISE a dit…

Nous testons cette année pour la première fois les cours par correspondance. Seul, cela me parait difficile surtout lorsque l'enfant est jeune. Ensuite l'intérêt dépend du cours et ça aussi, ça peut effectivement être un point à prendre en considération...
Contente qu'elle ait finalement un casier même si le fonctionnement n'en est pas parfait...